Hausse attendue des prix alimentaires en 2027

En 2027, le coût des produits alimentaires devrait augmenter, même si le pourcentage exact reste incertain. Thierry Cotillard, président du groupe Mousquetaires, a mis en garde lors d'un entretien accordé à France Inter fin septembre contre un « mur d'inflation », dont l'ampleur sera déterminée par les négociations commerciales qui doivent débuter le 1er décembre.

Des négociations annuelles qui fixent les prix pour un an

Ces négociations, menées chaque année entre les distributeurs comme Carrefour, Leclerc et Intermarché et leurs fournisseurs, déterminent les prix affichés dans les rayons pour une année entière. La hauteur de ce mur d'inflation est difficile à prévoir, mais Thierry Cotillard a laissé entendre qu'une inflation alimentaire comparable à celles de 2022 et 2023, qui ont atteint respectivement +6,8 % et +11,8 % selon l'INSEE, ne pouvait pas être exclue.

Distributeurs et industriels aux intérêts divergents

Les négociations devraient être plus tendues que jamais, car distributeurs et industriels ont des intérêts divergents. Les distributeurs accusent les industriels de hausses de prix injustifiées, tandis que ces derniers affirment que les distributeurs cherchent à acheter au prix le plus bas. Cette année, dans un contexte inflationniste, ces tensions risquent d'être encore plus marquées.

Les industriels veulent rattraper les pertes passées

Les industriels, confrontés à la hausse des coûts des produits agricoles, des emballages et de l'énergie, cherchent à obtenir les augmentations qu'ils n'ont pas perçues l'an dernier. Selon le médiateur des relations commerciales, l'industrie agroalimentaire avait demandé une hausse moyenne de 5,7 % l'an dernier, mais n'a obtenu que 1,5 %.

L'ANIA réclame une compensation pour l'inflation passée et actuelle

L'Association nationale des industries alimentaires (ANIA) indique que, lors des prochaines négociations, une hausse tenant compte à la fois de l'inflation de 2026 et des augmentations non obtenues l'an dernier sera demandée. Toutefois, l'ANIA refuse de communiquer un chiffre précis, estimant qu'il est trop tôt pour déterminer le montant exact. Une hausse d'au moins 3 % est attendue, même si celle-ci peut varier fortement selon les entreprises concernées.

Le blé et le plastique ont fortement renchéri

À titre d'exemple, le prix du blé a augmenté de 15 % en un an, et le coût du plastique, utilisé pour les emballages par une majorité d'industriels, a progressé de 40 % en moyenne. Ces hausses devraient être répercutées sur les consommateurs lors des prochaines négociations.

La guerre au Moyen-Orient fait grimper les prix alimentaires

L'impact de la guerre au Moyen-Orient a également contribué à la hausse des prix alimentaires. La fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transite 5 % des céréales mondiales, a provoqué une hausse du prix de la tonne de blé, qui se vend actuellement autour de 234 euros, soit environ 15 % de plus qu'il y a exactement un an. Par ailleurs, la guerre en Iran a entraîné une hausse du coût des engrais agricoles.

La sécheresse aggrave les tensions sur les prix alimentaires

La sécheresse de cet été a également eu un effet notable sur les prix alimentaires, les seuls fruits et légumes ayant connu une hausse de 9,5 % en septembre. Thierry Pouch, économiste en chef aux Chambres d'agriculture, constate que la sécheresse a entraîné de mauvaises récoltes, ce qui a entraîné de nouvelles hausses de prix. L'économiste avertit que ces hausses pourraient s'accentuer encore dans les prochains mois.

La baisse du calibre des pommes de terre, signe de coûts en hausse

Par exemple, le calibre des pommes de terre a diminué à cause de la sécheresse, ce qui pourrait entraîner des frites surgelées plus chères et plus petites. Cette tendance illustre la pression croissante sur les prix alimentaires et les défis auxquels sont confrontés à la fois les producteurs et les distributeurs.

Le gouvernement cherche à arbitrer les différends sur les prix

Le gouvernement organise une réunion avec les industriels et les distributeurs le 2 novembre afin de construire un « pacte de responsabilité » entre les acteurs. Toutefois, la conclusion d'un accord n'est pas garantie. Dans l'intervalle, le panier RMC BFM reste stable, les prix ne variant qu'en fonction des hausses ou baisses des produits frais, en particulier des fruits et légumes.

De petites variations de prix annonciatrices d'une inflation à venir

Une récente hausse de 10 centimes du prix du kilo de pommes de terre chez Carrefour a été relevée, signe d'une possible inflation alimentaire dans les prochains mois. Ce changement minime mais perceptible pourrait être un premier indicateur de hausses plus générales à venir.