Les industriels de l'agroalimentaire constatent une hausse de prix minime

En 2026, les fabricants de l'industrie agroalimentaire n'ont obtenu qu'une hausse moyenne de prix de +0,05 %, bien en deçà des 3,5 % qu'ils avaient demandés, selon l'Observatoire des négociations commerciales annuelles. Cette faible augmentation reflète les difficultés du secteur à répercuter ses coûts sur les consommateurs.

Des négociations s'ouvrent dans un contexte économique difficile

Les négociations commerciales annuelles entre distributeurs et industriels, qui se déroulent du 1er décembre au 1er mars, doivent reprendre, et les deux parties s'attendent à des discussions difficiles. Les négociations 2026-2027 devraient être particulièrement tendues en raison de la guerre au Moyen-Orient et de la canicule estivale, qui ont fait grimper les coûts de production.

Le gouvernement cherche un accord sur la politique alimentaire

Le gouvernement organise cet après-midi à Bercy une réunion préparatoire avec des représentants des distributeurs et des industriels. Initialement prévue le 28 octobre, la réunion avait été reportée en raison des agendas des ministres concernés. L'objectif est de parvenir à un « pacte de responsabilité » et à un « équilibre » qui concilie les enjeux de souveraineté alimentaire et de pouvoir d'achat.

Les distributeurs exigent transparence et concessions

Les principaux distributeurs avaient toutefois menacé de boycotter la réunion, par la voix de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). Ils invoquaient des « préalables non négociables » et réclamaient davantage de « transparence » de la part des industriels sur le coût des matières premières agricoles. Ils ont également demandé un traitement différencié pour les PME.

Le secteur agroalimentaire réagit aux demandes des distributeurs

Cette position a suscité la colère de l'industrie agroalimentaire, qui reproche aux grands distributeurs de ne pas prendre en compte les surcoûts supportés par les entreprises en raison de la guerre au Moyen-Orient. Jean-Luc Duval, président de La Coopération agricole, a insisté sur la nécessité de s'accorder d'abord sur les réalités économiques des entreprises avant l'ouverture des négociations.

Les tendances des prix sont contrastées

Selon l'Observatoire des négociations commerciales annuelles, certaines catégories, comme l'épicerie salée, les produits frais, les boissons et les produits laitiers, ont connu une baisse de leur prix net comprise entre -0,3 % et -0,5 % en 2026. Seuls les produits surgelés et l'épicerie sucrée ont enregistré une hausse d'environ 1 %, même si industriels et distributeurs ne s'accordent pas sur l'ampleur de cette hausse.

Les responsables de l'industrie alertent sur un recul durable

Jean-François Loiseau, président de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania), déplore qu'en France, le secteur agroalimentaire connaisse depuis 15 ans une déflation chaque année, à l'exception des deux premières années de la guerre en Ukraine, période où il a fallu répercuter la hausse des matières premières. Il s'inquiète de ce que, sans répercussion des charges sociales, de l'énergie et des taxes, les entreprises disparaîtraient, entraînant le déclin de l'industrie agroalimentaire française, qui crée des emplois.

Les PME appellent à des négociations plus équitables

Dans un contexte d'instabilité économique et géopolitique, le cycle de négociations qui débute le 1er décembre ne doit pas reproduire les déséquilibres observés ces dernières années, selon Pact'Alim, fédération représentant les PME et les entreprises de taille intermédiaire du secteur agroalimentaire. L'organisation affirme que, pour une majorité d'entreprises, les accords conclus au début de l'année 2026 n'ont pas couvert la hausse de leurs matières premières agricoles et industrielles.