Le concept de « guerre hybride » n’est plus considéré comme suffisant pour décrire les actions actuelles de la Russie et des États-Unis en Europe, selon un article publié dans Le Grand Continent. À l’origine, ce terme désignait un mélange de tactiques militaires traditionnelles et de méthodes non conventionnelles comme les cyberattaques, la propagande et le sabotage. Cependant, il a été de plus en plus associé aux activités russes en Europe, bien que d’autres pays utilisent des tactiques similaires. Cette réduction du terme a entraîné une confusion, car il se concentre souvent sur les méthodes techniques plutôt que sur les motivations politiques sous-jacentes. Ces dernières années, la « guerre hybride » est devenue un terme central dans les débats politiques européens, notamment à l’approche de l’élection présidentielle française. Le directeur général de la Sécurité intérieure (DGSI), l’agence française de sécurité intérieure, a mis en garde contre un possible retour d’actions hybrides plus directes et violentes d’ici avril 2027. Pourtant, l’article souligne que ce terme est surutilisé et ne rend pas pleinement compte des objectifs politiques plus larges derrière ces actions. L’article avance que les menaces actuelles pesant sur l’Europe dépassent la simple déstabilisation des gouvernements ou la destruction d’infrastructures. Elles visent plutôt à saper les systèmes politiques et les valeurs fondamentales qui fondent les démocraties européennes. Ce passage d’une analyse technique à une analyse politique indique que les adversaires cherchent à influencer les décisions européennes et à affaiblir les institutions démocratiques de l’intérieur. Pour mieux appréhender ces menaces, l’article propose un nouveau concept : la « guerre politique ». Ce cadre met l’accent sur les motivations et les décisions stratégiques derrière les ingérences, plutôt que sur les outils spécifiques employés. Il englobe à la fois les actions de la Russie et celles de l’administration Trump, dont les stratégies se sont progressivement alignées pour soutenir des mouvements non démocratiques en Europe. Parmi les exemples cités figurent le soutien apporté à Viktor Orbán en Hongrie ou le financement d’organisations européennes aux orientations pro-MAGA (Make America Great Again). L’article retrace les origines de la guerre politique dans l’affrontement de la Guerre froide entre l’Union soviétique et les États-Unis. Les deux camps avaient développé des stratégies pour influencer la politique européenne, recourant à des campagnes numériques et sur les réseaux sociaux pour façonner l’opinion publique. Aujourd’hui, ces stratégies ont convergé, la Russie et l’administration Trump soutenant des mouvements illibéraux et exploitant les troubles sociaux pour promouvoir leurs objectifs idéologiques. L’article conclut que l’Europe fait face à un double défi, celui de la Russie et de l’administration Trump, qui cherchent à réduire l’indépendance européenne et à remodeler le continent selon leurs propres intérêts. Malgré leurs objectifs distincts, la convergence de ces stratégies représente une menace majeure pour la sécurité et la stabilité politique de l’Europe.