Les lycées français peinent à assurer l'enseignement à distance face aux violences, avec un engagement des élèves inégal et des inquiétudes sur la continuité pédagogique.
Cours à distance dans les lycées français
Certains lycées en France ont fermé temporairement et sont passés à l'enseignement à distance en raison de violences visant des établissements scolaires et des professionnels de l'éducation. Cette décision fait suite à des incidents qui ont suscité des inquiétudes en matière de sécurité, poussant les établissements à donner la priorité au bien-être des élèves et du personnel.L'enseignement à distance pendant la pandémie
Le passage actuel à l'enseignement à distance n'est pas nouveau. Les écoles françaises avaient déjà testé l'enseignement à distance pendant le confinement lié à la pandémie de Covid-19. Cette expérience a pu influencer l'approche actuelle, même si les circonstances diffèrent.Le point de vue des enseignants sur l'enseignement à distance
Loïs Ballester, professeur d'anglais en Auvergne-Rhône-Alpes, explique que son lycée est passé à l'enseignement à distance après des dégradations causées par des personnes extérieures à l'établissement. Le proviseur a estimé qu'il n'était pas sûr de poursuivre les cours en présentiel, mais les enseignants étaient toujours autorisés à travailler sur des projets ou à accéder aux locaux de l'établissement.Un manque de consignes claires
Dans l'établissement de Loïs Ballester, il n'existait aucune consigne claire pour l'enseignement à distance, au-delà de la prise des présences et de la tenue des cours en temps réel. La prolongation des cours à distance était réexaminée fréquemment, parfois chaque jour. Toutes les matières, y compris l'éducation physique et sportive et les sciences expérimentales, suivaient le même emploi du temps.Une participation des élèves variable
La participation des élèves aux cours à distance a fortement varié. Dans l'établissement de Loïs Ballester, les élèves étaient attentifs, avec seulement un petit nombre d'absences. En revanche, dans un lycée professionnel de Montpellier, Karin Pothier, professeure d'esthétique, a constaté que très peu d'élèves remettaient leurs travaux, ce qui témoigne d'un manque d'implication.Les difficultés de la participation à distance
William Thibault, professeur d'économie et gestion à Nantes, s'est heurté à la résistance des élèves pendant les cours à distance. Le premier jour, peu d'élèves se sont connectés, et certains d'entre eux étaient accompagnés de leurs parents. M. Thibault a exprimé sa frustration face au manque de concentration des élèves et à la difficulté de maintenir un environnement de classe à travers des visioconférences.Des inquiétudes sur la continuité pédagogique
Le lycée de William Thibault a repris les cours en présentiel sans préparation, malgré les récentes violences et maltraitances envers le personnel. Il craint que le manque de préparation et le caractère chaotique de cette reprise n'affectent les élèves, en particulier les plus fragiles et ceux qui risquent de décrocher du système scolaire.Impact sur les élèves et les examens
Pour les élèves de lycée, l'année scolaire est déterminante, à l'approche des épreuves du baccalauréat et des inscriptions à l'université. Loïs Ballester note que si l'enseignement à distance aide les élèves à rester sur la bonne voie, il génère aussi de l'anxiété. Il craint que certains élèves ne prennent du retard en raison des difficultés liées à l'enseignement à distance.Des solutions proposées pour les établissements
Pour répondre à ces préoccupations, William Thibault recommande la création de cellules de raccrochage et de persévérance dans les établissements, afin d'aider les élèves à rester engagés. Il prévoit également d'adapter son enseignement en intégrant des outils numériques pour préparer les élèves aux examens, en reconnaissant les limites de l'enseignement à distance.Incertitudes quant au retour en présentiel
Le lycée de Loïs Ballester doit rouvrir, mais l'expérience précédente de l'enseignement à distance a été éprouvante. Il exprime sa frustration face au manque de soutien et aux difficultés d'enseigner en mode dégradé. Il estime que cette situation n'est pas un bon début pour l'année scolaire.