Des études menées en 2021 par le glaciologue Matthias Huss, en collaboration avec des chercheurs de l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL), de l’ETH Zurich et de l’Université de Fribourg, ont montré que les bâches blanches placées sur le glacier du Rhône permettent de réduire la fonte de la glace d’environ 60 % sur une surface de 50 000 mètres carrés. Selon ces travaux, la technique préserve environ 4 mètres de glace par an, pour un coût annuel oscillant entre 0,60 et 7,90 francs suisses par mètre cube de glace sauvée. Le textile blanc agit comme un bouclier contre le rayonnement solaire excessif, et plusieurs études citées par les chercheurs suisses évoquent une réduction de la fonte de 50 à 70 %. Le glacier du Rhône abrite la plus grande étendue glaciaire de Suisse, équivalente à environ sept terrains de football. Au moment de l’étude, 0,18 kilomètre carré de glacier était recouvert de bâches dans tout le pays, dont plus d’un quart sur le Rhône. Cela ne représente toutefois que 0,02 % de la surface glaciaire helvétique.
Cette méthode n’est pas nouvelle : les premiers essais remontent à 1993 sur la Zugspitze, en Bavière, et en Suisse, les premières bâches ont été posées en 2004. Au moment de l’étude, neuf sites utilisaient cette technique, dont le Rhône. Dans les stations de ski, l’opération peut s’avérer rentable, comme l’a démontré le cas d’un petit glacier presque disparu à Diavolezza, dans les Grisons, qui a été « ressuscité » en préservant la neige hivernale sous une bâche. Au cours de la dernière décennie, préserver un mètre cube de glace pendant un an a coûté entre 0,60 et 7,90 francs suisses. À l’échelle nationale, cette pratique a permis de sauver jusqu’à 350 000 mètres cubes de glace par an. En revanche, couvrir l’ensemble des surfaces glaciaires nécessiterait plus d’un milliard de francs suisses par an, selon la même étude.
Matthias Huss souligne que la seule solution pour vraiment limiter le recul des glaciers reste de réduire les émissions de gaz à effet de serre, car les bâches ne font que ralentir le phénomène, avec de lourdes conséquences pour les paysages et l’environnement. Le Rhône fait figure d’exception : dans les stations de ski, les bâches sont retirées chaque hiver, alors qu’au pied de la grotte, ce n’était pas le cas. Avec l’effondrement de la langue glaciaire, ces bâches sont devenues difficiles à sécuriser et à évacuer.
Le 4 septembre 2026, la RTS rapportait que le Conseil d’État du Valais avait rejeté le recours de l’exploitant et ordonné la fermeture de la grotte. Le tunnel avait été creusé sans autorisation dans une zone d’importance nationale pour la protection des plaines alluviales. L’attraction accueille environ 100 000 visiteurs par an. L’exploitant disposait de 30 jours pour faire appel auprès du Tribunal cantonal valaisan. Le service de l’environnement avait constaté le retrait des bâches lors d’une inspection en août. La commission cantonale de construction avait exigé leur enlèvement ainsi que l’arrêt des travaux, avant de rendre une décision en août 2025 ordonnant la remise en état du site. Le 4 août 2026, cinq associations, dont Pro Natura, le WWF et Mountain Wilderness, avaient remis 10 066 signatures à la chancellerie valaisanne. Elles réclamaient également l’enlèvement des bâches qui se sont affaissées au fond du lac glaciaire.
L’affaire dépasse le cadre du droit de la construction. En 2022, le service de l’environnement du Valais avait constaté que des textiles endommagés dérivaient à la surface du lac. Philipp Carlen estimait que les bâches retardent la fonte et ne présentent aucun danger pour la nature ou les humains, tandis que Raimund Rodewald, de la Fondation suisse pour la protection du paysage, jugeait cette mesure sans intérêt autre que commercial face à la rapidité de la disparition des glaciers. Le débat porte aussi sur les microplastiques que pourraient libérer les textiles dégradés dans les eaux jeunes du Rhône.
Mi-septembre, Canal9 rapportait que la commission cantonale avait interdit l’accès à la grotte, située dans une zone jugée dangereuse par les autorités. L’exploitant, lui, conteste ces décisions et continue d’exploiter un morceau de glace détaché du glacier, recouvert de bâches en plastique. Le retrait n’est donc pas total. L’État a indiqué à la RTS que les bâches non liées à la grotte avaient été enlevées et attendaient d’être évacuées, mais des images de Canal9 montrent des morceaux de plastique emmêlés parmi les rochers. Le morceau de glace de la grotte, en revanche, reste couvert.
En 2022, année record de fonte dans les Alpes, le Rhône a perdu environ 40 millions de mètres cubes de glace, soit plus de 2,5 mètres d’épaisseur, et près de 10 mètres à la langue glaciaire où se trouve la grotte. Matthias Huss y effectuait encore des mesures de fonte le 16 juillet 2026.
Les bâches blanches sur le glacier du Rhône réduisent la fonte des glaces mais suscitent des controverses juridiques et environnementales
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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