En 2026, des chercheurs des Alpes suisses ont testé une méthode innovante pour ralentir la fonte des glaciers en utilisant de la laine de mouton biodégradable au lieu des bâches plastiques traditionnelles. L’expérience s’est déroulée sur le glacier 3000, dans la région des Diablerets, où quatre étudiants de l’Université de Lausanne ont posé deux plaques de laine sur la glace. Chaque plaque couvrait 100 mètres carrés et avait été fabriquée par une entreprise locale, Fisolan. La laine a été comparée à une plaque témoin en géotextile synthétique, un matériau couramment utilisé pour protéger les glaciers. Les premiers résultats suggèrent que la laine pourrait être aussi efficace que le plastique pour réduire la fonte, potentiellement de plus de 50 %. L’équipe a surveillé les plaques tout au long de l’été en effectuant des mesures bihebdomadaires. Pour cela, elle a utilisé des piquets plantés au centre de chaque zone couverte afin de suivre la quantité de neige et de glace perdue au fil du temps. Afin de maintenir les bâches en laine en place malgré les vents violents, les chercheurs ont eu recours à des sacs de malt recyclés remplis de gravier. La laine est restée intacte et fonctionnelle dans les conditions extrêmes de la montagne, sans montrer de signe de dégradation. Ces résultats sont encore préliminaires, mais ils offrent une alternative prometteuse aux matériaux synthétiques utilisés depuis plus de vingt ans. Depuis des années, les géotextiles synthétiques sont employés en Suisse pour protéger les glaciers de la fonte estivale. Fabriqués à partir de polyester et de polypropylène, ces matériaux ralentissent effectivement la perte de glace, mais présentent des inconvénients environnementaux. En se dégradant sous l’effet du vent et des intempéries, ils libèrent des microplastiques dans les eaux de montagne, qui peuvent finir par rejoindre la chaîne alimentaire. En 2025, une exposition dans la ville suisse de Vevey a sensibilisé le public à cette problématique. L’historienne de l’art Nathalie Dietschy y a mis en lumière les dommages causés par ces bâches synthétiques, ce qui a conduit au lancement du projet Keep It Wool. Cette initiative vise à valoriser la laine de mouton, souvent jetée en Suisse faute de débouchés commerciaux. Le pays produit chaque année une quantité importante de laine, mais une grande partie reste inutilisée. Les glaciers suisses fondent à un rythme alarmant : près de 40 % de leur glace a disparu au cours des vingt dernières années. Environ 1 000 petites formations glaciaires ont déjà entièrement disparu. Si les géotextiles utilisés aujourd’hui ne couvrent qu’une infime partie des glaciers du pays, ils permettent de préserver quelque 300 000 mètres cubes de neige chaque année. Toutefois, ce volume reste dérisoire comparé aux plus d’un milliard de mètres cubes de glace perdus annuellement. Les chercheurs à l’origine du projet Keep It Wool reconnaissent que, même si la méthode de la laine était généralisée, elle ne suffirait pas à enrayer le recul des glaciers alpins. Ils soulignent qu’une réduction significative des émissions de CO₂ est indispensable pour s’attaquer au problème plus large du changement climatique. Les données recueillies sur le glacier 3000 feront l’objet d’analyses approfondies dans les mois à venir afin de mieux évaluer le potentiel de cette nouvelle approche.