L’amélioration des infrastructures de transport en Tunisie se heurte à des défis à la fois économiques et territoriaux, car de nombreuses régions de l’intérieur peinent à accéder aux grands pôles économiques du pays. Récemment, la Banque islamique de développement (BID) a approuvé un important apport financier de 335,49 millions d’euros (environ 376 millions de dollars US) pour le développement du réseau autoroutier. Ce financement vise à renforcer les axes de transport clés identifiés dans la stratégie nationale tunisienne de développement des infrastructures. Les deux principaux projets prévus doivent améliorer la connectivité entre la capitale, Tunis, et les régions du nord-ouest et du centre du pays, favorisant ainsi la mobilité des personnes et l’intégration économique de ces territoires. Le premier projet concerne la construction de l’axe Kef - Tunis. Les études techniques et de faisabilité pour cette infrastructure ont été finalisées au premier semestre 2026. Cette autoroute est conçue pour renforcer le lien entre Tunis et les gouvernorats du nord-ouest, notamment Kef et Jendouba, en améliorant leur connexion avec la capitale et les principaux centres économiques du pays. Le second projet porte sur l’autoroute A2 Tunis - Jelma, déjà en construction. Cet axe de 186 km doit relier Tunis à Jelma, dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, en traversant ceux de Ben Arous, Zaghouan et Kairouan. Le projet est divisé en huit sections, une grande partie du tracé étant prévue dans la région de Kairouan. Ces nouvelles infrastructures devraient permettre de réduire les temps de trajet et de faciliter les échanges entre les zones de production et les principaux marchés tunisiens. Elles visent également à améliorer l’accès aux services essentiels et à renforcer la mobilité dans des régions où la circulation est souvent limitée par l’état du réseau routier existant. À l’heure où la Tunisie travaille à la fois à l’extension de son réseau autoroutier et à la modernisation de ses infrastructures existantes, la contribution de la BID tombe à point nommé. Selon la Banque africaine de développement (BAD), la dégradation du réseau de transport continue de limiter le potentiel économique de certains gouvernorats. La BAD souligne aussi l’importance du secteur des transports pour l’économie tunisienne, qui représente environ 5 % du PIB du pays. L’an dernier, la BAD a annoncé un financement de 80,1 millions d’euros pour soutenir l’amélioration de l’état du réseau routier. D’après le ministère de l’Équipement, le réseau routier classé en Tunisie comprend environ 19 750 km de routes nationales, régionales et locales, dont près de 12 750 km sont revêtues. Le pays dispose également d’environ 360 km d’autoroutes et de près de 2 100 ouvrages de génie civil et de drainage. Cependant, les principaux défis résident dans l’entretien de ces infrastructures dans le temps et dans leur connexion effective avec les réseaux de transport locaux. Sans cette continuité, les améliorations de la liaison entre Tunis et les régions intérieures pourraient avoir un impact limité sur la réduction des coûts logistiques et l’intégration de ces territoires dans les grands flux économiques.