L'Orchestre national de Lille ouvre sa saison avec Stravinski

L'Orchestre national de Lille a interprété Le Sacre du printemps d'Igor Stravinski pour la première fois depuis plus de 13 ans, à l'occasion de son concert d'ouverture de saison, placé sous la direction de Joshua Weilerstein. Cette interprétation marque un retour remarqué de cette œuvre emblématique au répertoire de l'orchestre.

Des compositions russes au cœur du programme

Le concert proposait deux grandes œuvres du répertoire classique : le Concerto pour piano n° 2 de Sergueï Rachmaninov, interprété par Alexandre Kantorow, et Le Sacre du printemps de Stravinski. Centré sur des compositions russes, le programme a attiré un large public.

Une création nouvelle donne le ton de la soirée

Le concert s'est ouvert sur Orpheus Comet de Dobrinka Tabakova, une pièce commandée par l'Union européenne de radio-télévision. Cette œuvre contemporaine a servi de mise en bouche aux interprétations orchestrales qui ont suivi.

Kantorow fait revivre Rachmaninov

Alexandre Kantorow, premier pianiste français à remporter la médaille d'or du Concours international Tchaïkovski, a interprété le Deuxième Concerto pour piano de Rachmaninov. Créé en 1901, ce concerto marque le retour de Rachmaninov à la composition après une période de dépression.

La profondeur émotionnelle de l'interprétation de Kantorow

Le concerto a été décrit comme un hymne et une chanson d'amour solennelle à la musique, avec ses grands accords initiaux suivis d'une immense mélodie aux cordes. L'équilibre entre le piano et l'orchestre a été jugé meilleur dans le deuxième mouvement, adagio sostenuto, où le dialogue entre le piano et les bois offre des moments de grâce.

Un bis empreint de romantisme

Kantorow a offert en bis une douce transcription d'un lied de Franz Schubert par Franz Liszt, précédée du poème Vers la flamme d'Alexandre Scriabine. Ce bis a apporté une touche de romantisme à la première partie du concert.

Le Sacre du printemps au centre de la scène

Dans la seconde partie du concert, Le Sacre du printemps était très attendu. Joshua Weilerstein a évoqué le « électrochoc » que représentait pour lui la musique d'Igor Stravinski à l'âge de 8 ans, œuvre composée en 1913 pour les Ballets russes.

Une interprétation qui capte la violence brute de Stravinski

L'expérience de la force orchestrale du Sacre du printemps a été décrite comme une rage absolue, une sensualité débordante, des timbres et des rythmes violents et novateurs. L'œuvre comporte des moments marquants, comme le chant inaugural du basson dans le registre aigu, ou le final cataclysmique.

Weilerstein allie intensité et maîtrise

Weilerstein a choisi un tempo mesuré pour amorcer les introductions de chacun des deux tableaux, préparant ainsi la frénésie qui suit. La partition a été abordée par « blocs » successifs, avec de forts contrastes, et le chef a mis en valeur la « tradition » russe dans les passages lents.

Orchestre et public réunis dans les applaudissements

Weilerstein a poussé l'Orchestre national de Lille dans ses retranchements lors des passages rapides, soutenu par une section de percussions incisive et des cuivres brillants. Il n'a toutefois pas recherché une sauvagerie absolue : son Sacre fut avant tout un grand moment de communion, l'orchestre et le public répondant par une ovation debout.