Progression de la superficie forestière en France

Les forêts françaises se sont nettement étendues au cours des 20 dernières années, atteignant 17,7 millions d'hectares en 2026, soit 32 % du territoire national. Cette hausse, d'environ 100 000 hectares par an depuis 2010, s'inscrit dans une tendance de long terme amorcée au début du XXe siècle, époque où les forêts ne couvraient que 9,9 millions d'hectares.

Hausse du volume de bois sur pied

Le volume de bois sur pied dans les forêts françaises a également augmenté, atteignant 2,9 milliards de mètres cubes en 2026, contre 1,8 milliard de mètres cubes en 1985. Cette croissance est liée aux efforts de reboisement, à la baisse de l'activité agricole et à la régénération naturelle des terres agricoles abandonnées.

Une santé forestière en recul malgré l'expansion

Malgré l'augmentation de la superficie forestière, la santé des forêts françaises se dégrade. La mortalité des arbres a été multipliée par 2,5 entre les périodes 2005-2013 et 2016-2024, atteignant 18,1 millions de mètres cubes de bois par an. Ce déclin est lié à des facteurs climatiques, notamment les sécheresses et les canicules, ainsi qu'à la menace croissante des ravageurs et des maladies.

Certaines essences particulièrement menacées

Certaines espèces d'arbres souffrent davantage que d'autres. Par exemple, 25 % des frênes présentent des signes de dégradation liés à une maladie fongique connue sous le nom de chalarose, tandis que 22 % des châtaigniers sont en déclin. Les jeunes arbres sont également touchés : 15 % d'entre eux présentent des dégâts causés par de grands animaux sauvages comme le chevreuil et le daim, ce qui peut entraver la régénération des forêts.

Une capacité de stockage du carbone en baisse

La capacité des forêts françaises à stocker le carbone s'est affaiblie. La production biologique de bois, c'est-à-dire la croissance annuelle des arbres, a diminué de 8 % par hectare depuis 2005. Le bilan net de carbone stocké dans les arbres vivants est passé de 63 millions de tonnes de CO2 par an entre 2005 et 2013 à 39 millions de tonnes entre 2016 et 2024, certaines régions affichant même un bilan négatif.

La disponibilité en eau, facteur de résilience

La disponibilité en eau joue un rôle déterminant dans la santé des forêts. Plus de la moitié des forêts françaises (54 %) poussent sur des sols disposant de moins de 70 millimètres d'eau utile. Pourtant, les forêts installées sur ces sols plus secs présentent une mortalité des arbres plus faible que celles qui bénéficient d'un meilleur accès à l'eau, ce qui laisse penser que les essences adaptées au manque d'eau pourraient être plus résistantes aux sécheresses.

Les forêts, soutiens de la biodiversité et des milieux aquatiques

Les forêts françaises jouent un rôle essentiel dans le maintien des milieux aquatiques, la réduction du ruissellement et la protection des sols contre l'érosion. Près de 2,6 millions d'hectares de forêts se situent à moins de 50 mètres de cours d'eau ou de zones humides, où la biodiversité est plus riche, avec en moyenne 6,2 essences d'arbres contre 4,9 dans les forêts plus éloignées. Beaucoup de ces espaces se trouvent également dans des zones de protection des captages d'eau potable.

La santé des forêts exige plus que l'extension des surfaces

L'Inventaire forestier national 2026 souligne que l'extension des surfaces forestières ne suffit pas à elle seule pour évaluer leur état de santé. La capacité des forêts à se régénérer, à résister aux sécheresses et à continuer de stocker du carbone revêt désormais une importance tout aussi grande. Les conséquences complètes des sécheresses et des incendies de 2026 sur les forêts sont encore en cours d'évaluation.