Un récent rapport de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), couvrant la période 2016-2024, souligne que les impacts sévères des vagues de chaleur, des incendies de forêt et de la sécheresse historique de l’été 2026 n’ont pas été intégrés à l’analyse. Le document indique que les forêts françaises subissent une mortalité accrue en raison d’une combinaison de stress climatique et de menaces biologiques, telles que les champignons, les insectes et les bactéries. Les sécheresses prolongées et les températures élevées affaiblissent les arbres, les rendant plus vulnérables aux infestations par des insectes xylophages, notamment les scolytes. Ces facteurs ont entraîné une hausse de la mortalité des arbres, alors même que la superficie totale des forêts s’est étendue. En France métropolitaine, les forêts couvrent environ 17,7 millions d’hectares, soit près d’un tiers du territoire national. Entre 2016 et 2024, le volume annuel de bois mort a fortement augmenté, atteignant en moyenne 18,1 millions de mètres cubes par an. Ce chiffre est plus du double de la moyenne enregistrée entre 2005 et 2013, soit 7,4 millions de mètres cubes par an. Selon l’Inventaire forestier national (IFN), cela représente environ 0,6 % du volume total des arbres vivants. Malgré l’extension des surfaces forestières – environ 100 000 hectares supplémentaires chaque année au cours des quinze dernières années –, la santé des forêts s’est dégradée, avec 9 % des arbres touchés, principalement dans le Nord-Est. Le déclin de la santé des forêts a également affecté leur capacité à soutenir la production biologique, qui désigne la croissance de l’ensemble des arbres. Au cours de la dernière décennie, la production biologique annuelle moyenne a diminué d’environ 8 % par rapport à la période 2005-2013. Ce recul est lié à l’état général médiocre des forêts, ce qui affecte aussi leur rôle de puits de carbone. Les puits de carbone sont des systèmes naturels qui absorbent le dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère, contribuant ainsi à atténuer le changement climatique. Le rapport relève que la séquestration annuelle moyenne du carbone par les forêts françaises est passée de 63 millions de tonnes de CO2 entre 2005 et 2013 à 39 millions de tonnes entre 2016 et 2024, soit un « ralentissement notable » d’environ 38 %. Malgré ce déclin, l’IGN observe que la capacité des forêts françaises à absorber le carbone montre des signes de stabilisation ces dernières années. Ce constat est important pour la stratégie climatique globale de la France, les forêts jouant un rôle clé dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le rapport insiste sur la nécessité de poursuivre la surveillance et la gestion des écosystèmes forestiers afin de préserver leurs bienfaits environnementaux.