En 2027, la Belgique introduira une vignette numérique obligatoire pour les conducteurs empruntant ses autoroutes, mettant fin à l’accès gratuit à ces routes pour des millions de automobilistes européens. Ce changement affectera les résidents frontaliers, les vacanciers et les conducteurs d’autres pays, qui devront adapter leurs itinéraires et leurs budgets en conséquence. Pendant des années, les autoroutes belges figuraient parmi les rares en Europe à être gratuites, contrairement à des pays comme la France et l’Italie, où les péages sont gérés par des entreprises privées. À partir de mai 2027, tous les véhicules de moins de 3,5 tonnes devront acheter une vignette numérique pour emprunter les autoroutes et les routes régionales. Le système sera lié au numéro d’immatriculation du véhicule et payable via une plateforme numérique. L’accord pour mettre en place ce système a été trouvé après plus de deux décennies de discussions, les trois régions de la Belgique — la Wallonie, la Flandre et la région de Bruxelles-Capitale — s’étant enfin entendues sur une approche unifiée. L’objectif est de lever des fonds pour l’entretien et l’amélioration des grandes routes du pays. La vignette sera obligatoire sur les autoroutes et les routes nationales et régionales, mais pas sur les routes locales, ce qui pourrait compliquer la planification des trajets pour les conducteurs cherchant à éviter la taxe. Selon La Voix du Nord, les conducteurs devront prêter attention aux panneaux routiers : verts pour les autoroutes, bleus pour les routes nationales et régionales, et blancs avec texte noir pour les routes locales. Ce système visuel est l’inverse de celui utilisé en France. Le prix de la vignette sera forfaitaire, sur le modèle de ceux appliqués en Suisse et en Autriche. Un véhicule à zéro émission coûtera 90 euros par an, tandis que les véhicules plus anciens (Euro 0 à 3) pourront payer jusqu’à 125 euros par an. Des options supplémentaires seront proposées, comme des vignettes à court terme pour 24 heures, dix jours, un ou deux mois. Les recettes générées par ce système devraient être importantes : la Flandre anticipe environ 130 millions d’euros par an, tandis que la Wallonie en attend 327 millions. Ces fonds serviront à l’entretien, à la réhabilitation et au développement des routes, la Wallonie dépensant déjà près de 700 millions d’euros par an pour ses routes. Certains véhicules seront exemptés de vignette, notamment les motos, les tracteurs agricoles et les bus, de même que les camions déjà soumis à un péage kilométrique. Les services d’urgence, la défense et la police seront également exemptés. Le contrôle sera assuré par des caméras lisant les plaques d’immatriculation et vérifiant en temps réel la validité de la vignette. Les conducteurs pris sans vignette s’exposeront à une amende de 70 euros. Avant sa mise en œuvre, l’accord devra encore recevoir l’approbation finale des régions et des autorités européennes. Des critiques ont déjà été formulées, comme en 2019, lorsque la Cour de justice de l’Union européenne avait bloqué un système similaire en Allemagne en raison de préoccupations concernant l’équité pour les conducteurs étrangers. Cela laisse planer une incertitude sur le calendrier final de la réforme belge.