Des applications comme Vinted et Too Good To Go encouragent une consommation durable, mais peuvent involontairement favoriser les achats excessifs et le gaspillage.
Applications de seconde main et comportement des consommateurs
Des applications comme Vinted et Too Good To Go ont rendu l'achat d'occasion et la lutte contre le gaspillage alimentaire plus faciles pour beaucoup de personnes. Toutefois, la possibilité de faire de bonnes affaires sur ces plateformes peut aussi pousser les gens à acheter plus que nécessaire, brouillant la frontière entre consommation durable et consommation excessive.Étude sur le gaspillage alimentaire et l'usage des applications
Une étude portant sur de jeunes utilisateurs d'applications de partage alimentaire a montré que ceux qui les utilisaient plus fréquemment étaient plus susceptibles d'acheter des aliments qu'ils finissaient par jeter. Par exemple, acheter un panier de viennoiseries pour 4 euros sur Too Good To Go peut sembler un choix responsable, mais il peut tout de même aboutir à du gaspillage si les aliments ne sont pas consommés.Des pratiques durables simplifiées
Les applications de seconde main et de lutte contre le gaspillage ont simplifié des habitudes durables qui demandaient autrefois plus d'efforts, comme acheter des articles d'occasion ou éviter le gaspillage alimentaire. En France, 42 % des personnes achètent désormais des vêtements sur des plateformes de seconde main, dont 90 % utilisent Vinted. Cependant, 30 % de ceux qui revendent leurs vêtements finissent par acheter des vêtements neufs avec l'argent gagné.L'écart entre perception et réalité
Selon une enquête de 2025 de l'Agence de la transition écologique (Ademe), les Français pensent posséder en moyenne 79 vêtements, alors qu'en réalité ils en possèdent 175. Cet écart soulève des questions : ces applications réduisent-elles vraiment la consommation, ou modifient-elles seulement la façon de consommer ?Les motivations derrière l'usage des applications
Des recherches menées auprès des utilisateurs de Vinted et de Too Good To Go montrent que, si les préoccupations environnementales jouent un rôle, des raisons pratiques comme économiser de l'argent et trouver de bonnes affaires sont souvent plus importantes. Un rapport de 2023 révèle que 47 % des acheteurs Vinted citent des prix abordables comme motivation, contre 20 % qui mentionnent des préoccupations environnementales.Le paradoxe de la consommation durable
Acheter d'occasion peut sembler plus responsable, mais cela ne conduit pas forcément à une baisse globale de la consommation. Par exemple, acheter une paire de jeans d'occasion pour 20 euros au lieu d'une neuve pour 90 euros peut sembler durable, mais cela peut conduire à acheter plusieurs articles au lieu d'un seul.Les mécanismes qui encouragent à consommer davantage
Une étude de 2025 a montré que les offres promotionnelles de Vinted sur des lots peuvent encourager la surconsommation, et que passer plus de temps sur l'application est lié à des achats impulsifs. La possibilité de revendre des articles réduit aussi le sentiment d'engagement lié à un achat, ce qui provoque un effet rebond : la consommation augmente malgré l'intention de la réduire.Le rôle de la qualité et de la durée de vie des produits
La durabilité des achats d'occasion dépend non seulement de la quantité, mais aussi de la qualité et de la durée de vie des articles. Un article de fast fashion acheté à bas prix et revendu rapidement ne devient pas durable parce qu'il change de mains. Son impact dépend de la durée pendant laquelle il est utilisé avant d'être jeté.Gaspillage alimentaire et effet rebond
Avec Too Good To Go, le risque d'acheter davantage de nourriture en raison de prix plus bas peut entraîner du gaspillage. Une étude de 2026 portant sur des utilisateurs italiens a montré qu'une utilisation plus fréquente de l'application était associée à une proportion plus élevée d'aliments achetés jetés, ce qui suggère un effet rebond dans la consommation alimentaire également.L'impact global de ces applications
Si ces plateformes ont rendu les pratiques durables plus accessibles, leur véritable impact dépasse le nombre d'articles revendus ou de repas sauvés. Pour évaluer leur réussite, il faut examiner si elles modifient durablement le comportement des consommateurs, par exemple la fréquence des achats, la façon dont les gens utilisent ce qu'ils achètent et ce qu'ils finissent par jeter.Un appel à une consommation réfléchie
Les consommateurs sont invités à réfléchir avant d'effectuer un achat sur ces applications : ont-ils vraiment besoin de l'article, ou sont-ils surtout attirés par son prix ? Peuvent-ils utiliser tout le contenu d'un panier surprise ? Ces questions aident aussi bien les individus que les plateformes à repenser les mécanismes qui stimulent la consommation.