Le boom de la revente de vêtements d'occasion sur Vinted a donné naissance à un commerce mondial, soulevant des questions sur la durabilité et le rôle de la plateforme dans la fast fashion.
Vinted : le commerce de revente se développe avec les vêtements importés
Sur Vinted, une plateforme de revente, des utilisateurs revendent des vêtements d'occasion importés en gros d'Asie, ou même des vêtements neufs issus de marques de fast fashion. Dans un entrepôt d'Ostende, en Belgique, des cartons de vêtements s'entassent, parfois sur trois mètres de hauteur, avec des milliers d'articles arrivant chaque nuit d'Asie.Un écosystème en ligne florissant pour les revendeurs
Tout un écosystème en ligne s'est constitué autour de la revente de vêtements. Sur YouTube et Instagram, de jeunes utilisateurs partagent des conseils sur les niches rentables, comme les t-shirts Ralph Lauren ou les bonnets Jacquemus, et sur la manière de se procurer et de vendre efficacement ces articles. La place de marché britannique Fleek propose de petits lots de vêtements d'occasion, souvent en provenance du Pakistan, ce qui facilite les débuts des nouveaux revendeurs.Revendeurs en France et chaîne d'approvisionnement mondiale
En France, des grossistes comme Corentin fournissent des revendeurs en vêtements importés. Il a commencé à revendre sur Vinted au lycée et importe désormais des vêtements du sous-continent indien ou des Émirats arabes unis. Les vêtements jetés dans les pays occidentaux sont souvent envoyés trier à faible coût, parcourant parfois des milliers de kilomètres avant de revenir en Europe.Préoccupations environnementales et débats éthiques
Les critiques s'interrogent sur le caractère réellement écologique de l'achat d'occasion sur Vinted, compte tenu du transport des vêtements sur de longues distances. Certains revendeurs affirment que le recyclage des vêtements est préférable à l'achat neuf, tandis que d'autres privilégient les articles d'origine locale. Oxfam souligne que le marché de la seconde main est dicté par la logique du marché plutôt que par la durabilité.La position de Vinted et l'essor des revendeurs professionnels
Vinted souligne que sa plateforme a été créée pour aider les particuliers à donner une seconde vie à leurs vêtements inutilisés. Elle autorise toutefois l'activité commerciale, y compris la revente d'articles provenant de l'étranger. Certains utilisateurs tentent d'échapper à la détection en utilisant plusieurs comptes, tandis que d'autres s'approvisionnent localement ou auprès de friperies solidaires.La frontière floue entre vêtements d'occasion et vêtements neufs
Certains revendeurs ne prétendent plus vendre des articles d'occasion et se fournissent plutôt en vêtements neufs auprès de marques de fast fashion comme Shein et Temu. Ces articles sont vendus comme « vintage », accompagnés de photos générées par intelligence artificielle. Des utilisateurs comme Pauline se méfient des incohérences dans les annonces, telles que des mannequins trop parfaits ou des angles de prise de vue identiques.Les règles de Vinted et les difficultés d'application
Vinted interdit la vente d'articles principalement neufs ou les présentations trompeuses, comme des vêtements Shein neufs présentés comme « vintage ». Toutefois, l'application de ces règles est inégale, avec des suspensions de comptes fréquentes. Les critiques estiment que la priorité donnée par la plateforme à la maximisation des transactions va à l'encontre de son objectif initial, à savoir promouvoir la consommation d'occasion.La marchandisation des vêtements d'occasion
Oxfam et des chercheurs affirment que des plateformes comme Vinted sont passées de la promotion de la durabilité à l'encouragement de l'activité commerciale. La plateforme récompense l'efficacité et le comportement entrepreneurial, poussant les utilisateurs vers la professionnalisation. Cela a conduit à privilégier la maximisation des ventes plutôt que la réduction de la consommation textile.