Un événement sur l'élevage ovin met en lumière les défis du secteur

La 12e édition des Journées techniques ovines, organisée à Cesson-Sévigné, en Ille-et-Vilaine, a réuni plus d'une centaine de techniciens, chercheurs, enseignants et ingénieurs pour discuter des défis auxquels est confronté le secteur de l'élevage ovin. Organisé par l'Institut de l'élevage, l'événement s'est tenu les 14 et 15 octobre et comprenait 26 présentations et six visites d'exploitations portant sur des thèmes tels que l'alimentation, l'élevage numérique, le pâturage mixte ovins-bovins, les conseils à l'installation et les approches d'accompagnement.

L'événement met l'accent sur l'adaptation aux pressions climatiques et économiques

Les échanges ont porté sur la nécessité pour les éleveurs d'adapter leurs pratiques face au changement climatique, à la hausse des coûts de production et à l'imprévisibilité de la situation. Une part importante des présentations a abordé les difficultés liées à la mise en œuvre de changements dans les pratiques d'élevage, notamment la manière d'aborder le changement avec les éleveurs, ce qui motive ce changement, et comment les accompagner dans un contexte de plus en plus complexe.

Le changement dans l'élevage est un processus humain complexe

Carole Jousseins, spécialiste du travail en élevage à Idele, a souligné que « le changement est un processus humain complexe » et a mis en évidence les freins au changement, notamment la peur de l'inconnu, la crainte de ne pas être à la hauteur et l'impact potentiel sur l'identité professionnelle. Elle a noté que le changement peut impliquer de se détacher de son groupe social ou de son identité, ce qui entraîne des réticences par crainte de se retrouver seul.

Le changement exige un accompagnement systémique et l'autonomie de l'éleveur

Mme Jousseins a également insisté sur le fait que le changement est un phénomène systémique qui implique tout un écosystème d'acteurs en amont et en aval. Elle a affirmé que l'objectif n'est pas de convaincre les éleveurs, mais de les accompagner dans des conditions favorables, l'éleveur restant le décideur tout au long du processus. L'empathie et le respect des choix de l'éleveur ont été identifiés comme des éléments clés de la démarche.

Des ateliers pour comprendre le point de vue des éleveurs

Les ateliers ont incité les techniciens à se mettre à la place des éleveurs confrontés au changement, afin de comprendre que des personnes différentes peuvent réagir différemment à une même proposition de changement. Christèle Couzy, de l'Institut de l'élevage, a ajouté que comprendre les freins et les motivations de chaque éleveur est essentiel.

Des stratégies de réussite : petites expérimentations et soutien entre pairs

Pour faciliter le changement, des sociologues agricoles conseillent de commencer par de petites expérimentations, de suivre attentivement les résultats et de proposer des choix techniques adaptés, peu nombreux et offrant des bénéfices immédiats, tels qu'un gain de temps, une réduction de la charge de travail, un meilleur confort de travail ou une simplification des tâches. La création de groupes d'éleveurs expérimentant les mêmes pratiques, ainsi que la valorisation publique de leurs résultats, ont été suggérées pour éviter le sentiment d'isolement et encourager les échanges.

Un accompagnement personnalisé, clé des objectifs du secteur

Patrick Soury, président de la Fédération nationale ovine, a souligné l'importance d'un accompagnement technique personnalisé pour produire davantage et mieux. Il a mis en avant la nécessité de répondre à la demande française en agneaux et en lait, et d'atteindre la souveraineté dans le secteur ovin. Il a noté que les récentes sécheresses ont mis en évidence l'importance de l'expertise technique et que les techniciens sont indispensables au programme « Produire plus et mieux » de la filière. Un accompagnement personnalisé, a-t-il affirmé, est nécessaire pour optimiser le potentiel de chaque exploitation et aligner la production sur les attentes du marché.