Adoption du plan de gestion de l'eau

Le plan de gestion de l'eau du bassin de la Vilaine a enfin été adopté après un processus long et difficile, avec une mesure clé visant à protéger l'eau potable en interdisant les herbicides sur certaines parcelles de maïs situées à proximité des captages d'eau. La version révisée du schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) de la Vilaine a été approuvée par la Commission locale de l'eau (CLE) par 45 voix pour et 18 contre, après quatre années de consultations houleuses.

Portée du plan de gestion de l'eau

Le plan vise à protéger l'eau potable et à préserver les milieux aquatiques dans le bassin versant de la Vilaine, qui compte 1,3 million d'habitants et couvre 11 000 km². La mesure clé, qui a suscité le plus d'opposition, est l'interdiction des herbicides sur les parcelles de maïs exposées à l'érosion, qui présentent un risque de contamination des zones de captage d'eau prioritaires. Cette mesure concerne environ 1,5 % de la surface agricole du bassin.

Réactions des élus locaux

Nathalie Appéré, présidente de Rennes Métropole, s'est dite fière que le territoire devienne un pionnier en introduisant l'interdiction des pesticides de synthèse dans un SAGE, et espère que ce plan inspirera d'autres bassins versants en France. Ludovic Brossard, récemment nommé président de la CLE, a reconnu le compromis trouvé, soulignant l'importance de protéger la qualité de l'eau et la santé publique.

Soutien aux agriculteurs

Ludovic Brossard a indiqué que des paiements pour services environnementaux seront mis en place pour aider les agriculteurs à abandonner progressivement les herbicides de synthèse. La nouvelle stratégie comprend également des mesures de protection des zones humides, de préservation des cours d'eau, de protection des haies et de réduction des risques d'inondation.

Difficultés rencontrées pendant le processus

La recherche d'un compromis s'est heurtée à de nombreux obstacles, notamment l'opposition de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) et du gouvernement. En mars 2025, le projet de SAGE avait été largement adopté par les membres de la CLE avant la consultation publique, mais une réunion tenue en décembre 2025 a été bloquée par la FNSEA et d'autres organisations agricoles.

Impact de l'intervention du gouvernement

Le projet a subi un revers important lorsque le Premier ministre Sébastien Lecornu a imposé un moratoire national sur les décisions de politique de l'eau en janvier 2026, empêchant l'adoption définitive du SAGE de la Vilaine. Malgré son approbation, la FNSEA pourrait encore contester le plan sur le plan juridique.

Prochaines étapes de la mise en œuvre

L'Établissement public territorial de bassin (EPTB) Eaux & Vilaine a souligné que l'approbation du SAGE révisé ouvre une nouvelle phase de mise en œuvre des objectifs du plan. Le plan devra faire l'objet d'un arrêté préfectoral et devra être compatible avec la loi dite d'urgence agricole adoptée cet été.