L’étude INSEE Flash Réunion, publiée le 6 octobre, révèle que le niveau de vie à La Réunion est bien inférieur à celui de la France métropolitaine, surnommée l’Hexagone. Les données, qui portent sur l’année 2023, montrent que la moitié de la population réunionnaise vit avec un niveau de vie inférieur à 19 110 euros par an, soit 26 % de moins qu’en Hexagone. Le rapport souligne également que les inégalités de richesse sont plus marquées à La Réunion, avec un écart de 4,3 entre les 10 % les plus riches et les 10 % les plus pauvres, contre 3,5 en Hexagone. En 2023, l’INSEE a indiqué que 36,4 % des Réunionnais vivaient sous le seuil de pauvreté monétaire, défini comme un revenu inférieur à 1 288 euros par mois pour une personne seule. Ce taux est bien plus élevé qu’en France métropolitaine, où il atteint 15,9 %. La situation est particulièrement alarmante dans neuf communes, principalement situées dans les cirques (zones montagneuses) et à l’Est de l’île. Les seniors sont particulièrement touchés : 39 % des ménages dont la personne de référence fiscale a 75 ans ou plus vivent sous le seuil de pauvreté, un taux quatre fois supérieur à celui de l’Hexagone. Les jeunes ne sont pas épargnés non plus, avec 38,7 % des 18-29 ans considérés comme pauvres à La Réunion, contre 19,2 % au niveau national. La pauvreté est la plus sévère dans les cirques, notamment à Salazie, où 53 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, et à Cilaos (49 %). D’autres zones de l’Est affichent des taux élevés, comme Sainte-Rose (48 %) et Saint-Benoît (45,9 %). Dans le Sud, des communes comme Saint-Joseph (43,8 %) et Saint-Philippe (43 %) connaissent également une situation préoccupante. À Port et Saint-Louis, les taux de pauvreté s’élèvent respectivement à 44 % et 42 %. En revanche, l’Ouest et le Nord, en particulier dans les grandes villes comme Saint-Denis, Saint-Pierre et Saint-Paul, affichent des taux plus proches de ceux de l’Hexagone. Le PCR, un parti politique réunionnais, a réagi à cette étude en déclarant : « Arrêtez le massacre ! » Le parti estime que ces chiffres confirment une crise structurelle marquée par une pauvreté généralisée et des inégalités profondes. Selon le PCR, ces problèmes découlent d’un modèle économique et politique défaillant, notamment en raison de la dépendance de La Réunion aux importations contrôlées par les grandes enseignes françaises. Ce modèle reposerait sur d’importants transferts publics sans développement de la production locale ni création d’emplois durables. Le PCR propose d’organiser une « conférence territoriale », sur le modèle de la Conférence territoriale d’action publique (CTAP), réunissant les représentants des plus pauvres, des chômeurs, des partis politiques, des associations et des responsables locaux. L’objectif serait d’élaborer des solutions pour sortir de la crise et mettre en place un plan de développement axé sur la création d’emplois et la réduction de la pauvreté, le tout dans un calendrier strict. Alors que les prix des carburants et d’autres produits continuent d’augmenter, le parti insiste sur la nécessité de s’attaquer à ces inégalités croissantes avant qu’elles ne deviennent un sujet récurrent dans l’actualité sans que des mesures concrètes ne soient prises.