Lors de l’examen du projet de budget pour 2027, les élus ont apporté plusieurs modifications à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), un impôt sur la consommation payé par le consommateur final. Le taux normal de TVA reste fixé à 20 %, mais certains biens et services bénéficient de taux réduits, comme 10 % ou 5,5 %. Parmi les changements adoptés, les parlementaires ont notamment exonéré les achats de biens destinés aux associations de distribution d’aide alimentaire et réduit la TVA sur les matériaux de construction biosourcés ainsi que sur l’installation conjointe de panneaux photovoltaïques et de batteries de stockage d’électricité. Ils ont également supprimé une disposition qui prévoyait d’augmenter la TVA sur certains abonnements de services télévisuels, comme ceux de Canal+. Les députés ont proposé, sans succès, des réductions de TVA dans d’autres domaines, tels que les cours de ski, les services de réparation d’objets du quotidien et les soins vétérinaires. Ils ont en revanche rejeté les tentatives d’augmenter la TVA sur les produits ultra-transformés et les produits à base de CBD. Philippe Juvin, rapporteur général du budget et membre du parti LR, a mis en garde contre le risque que ces mesures réduisent les recettes fiscales de l’État sans pour autant profiter significativement aux consommateurs. Il a souligné que la baisse de la TVA ne se traduit pas toujours par une diminution des prix pour les usagers. Daniel Labaronne, député macroniste, a partagé cette analyse, citant le rapport 2023 du Conseil des prélèvements obligatoires, qui conclut que les taux réduits de TVA ont un impact économique limité et ne sont pas toujours répercutés sur les prix à la consommation. Juvin a estimé que la réduction de la TVA sur les transports pourrait coûter entre 100 millions et 1,5 milliard d’euros par an à l’État, selon les amendements retenus. Il a rappelé qu’« il n’y a pas d’argent magique » et que les économies réalisées par les utilisateurs devraient être compensées par les contribuables. Toutefois, Juvin a soutenu un amendement du groupe Liot visant à étendre le taux réduit de TVA aux équipements permettant de protéger les logements contre les fortes chaleurs, comme les climatiseurs fixes. Cet amendement a finalement été rejeté, relançant le débat. Claire Marais-Breuil, députée RN, a critiqué ce rejet, le jugeant incohérent avec les précédents soutiens à la baisse de la TVA. D’autres défenseurs des taux réduits ont mis en avant leurs bénéfices sociaux ou environnementaux. Éric Coquerel, président de la commission LFI, a reconnu que les baisses de TVA devraient s’accompagner de gels de prix pour renforcer effectivement le pouvoir d’achat. Il a également insisté sur le fait que les enjeux climatiques ne sauraient se résumer à une question de recettes fiscales. Ces échanges préparent le terrain pour les prochaines discussions en séance plénière, où le projet de budget avait été rejeté à une large majorité l’an dernier.