La France a envisagé de bloquer TikTok, Snapchat et Instagram pendant des manifestations, mais le projet a échoué face à l'opposition des opérateurs et à l'absence d'autorisation officielle.
Le gouvernement français avait prévu de bloquer les réseaux sociaux
Le gouvernement français avait prévu de restreindre l'accès aux plateformes de réseaux sociaux comme TikTok, Snapchat et Instagram lors d'une manifestation le 24 octobre, selon une lettre confidentielle révélée par une fuite.Les autorités ont échangé avec les dirigeants des opérateurs télécoms
La lettre, signée par Sébastien Lecornu, a été envoyée le 22 octobre aux dirigeants des principaux opérateurs mobiles, dont Christel Heydemann d'Orange, Thomas Reynaud d'Iliad, et d'autres. Elle décrivait les projets de recours au filtrage DNS pour bloquer l'accès à ces plateformes.Explication de la méthode de filtrage DNS
Le filtrage DNS consiste à modifier l'annuaire qui traduit les noms de sites en adresses de serveurs, ce qui empêche efficacement les applications de se connecter à leurs serveurs. Le gouvernement envisageait de bloquer les connexions mobiles (4G et 5G) tout en laissant intacts les services internet domestiques, comme la fibre et l'ADSL.Le gouvernement invoquait des motifs de sécurité
Le gouvernement décrivait les mouvements de protestation comme étant « alimentés » par des éléments violents et accusait les réseaux sociaux de faciliter la violence lors de manifestations précédentes, notamment en organisant des pillages et en diffusant des informations sur la position des forces de police.Le fondement juridique de la mesure
Le gouvernement entendait mettre en œuvre cette mesure au titre des principes de proportionnalité et de nécessité, en citant une décision du Conseil d'État du 1er avril 2025, qui avait précédemment annulé une tentative similaire de blocage de TikTok en Nouvelle-Calédonie.Les opérateurs se sont opposés au projet
Les opérateurs mobiles ont exprimé de sérieuses réserves à l'égard du projet. Lors d'une visioconférence le 23 octobre, leurs juristes ont fait valoir que la proposition était trop large et qu'elle pouvait être facilement contournée à l'aide d'un réseau privé virtuel (VPN) ou de services de messagerie alternatifs.Les opérateurs ont demandé une autorisation officielle
Les opérateurs ont réclamé un document officiel signé, daté et motivé pour autoriser le blocage, Orange allant jusqu'à demander un décret. Le gouvernement a plutôt émis une simple instruction, sans publication au Journal officiel, accompagnée d'un communiqué diffusé une trentaine de minutes avant la mise en œuvre prévue vers 14 heures.Aucun blocage n'a eu lieu le 24 octobre
Aucun blocage n'a été déclenché le 24 octobre, et la manifestation s'est déroulée dans un calme relatif. Le ministère de l'Intérieur a fait état d'environ 400 000 participants, tandis que la CGT en a estimé le nombre à 800 000.Incertitude sur les actions futures
La question reste ouverte de savoir si le gouvernement pourrait envisager des mesures similaires lors de prochaines mobilisations, d'autant que des dispositifs de veille sont déjà en place chez les opérateurs.