La dette publique espagnole, qui avait dépassé 124 % du PIB en 2021, est redescendue à 99,9 % du PIB en juillet, selon la Banque d'Espagne. À l’inverse, la dette publique française devrait atteindre 119,3 % du PIB d’ici la fin de l’année, selon le ministère français de l’Économie. L’Espagne n’a pas mis en place de plan d’austérité depuis 2023 et n’a pas adopté de budget depuis cette même année, pourtant elle a réussi à réduire son déficit public à 2,4 % du PIB cette année. Cela offre à l’Espagne une marge de manœuvre plus grande que la France, qui peine à stabiliser sa propre dette.
L’Espagne a pu réduire les taxes sur les carburants en réponse à la hausse des prix à la pompe, après avoir abaissé la TVA de 21 % à 10 % au printemps et obtenu une exemption de l’UE en septembre qui lui a permis de réduire les droits d’accises en dessous du minimum fixé par l’Union. Cette mesure a coûté plus de 2 milliards d’euros, mais Paris, confronté à un déficit plus élevé, a jusqu’à présent refusé de l’adopter, privilégiant les aides ciblées. La situation fiscale espagnole permet non seulement à Madrid d’emprunter à un taux inférieur à celui de la France, mais lui offre aussi plus de flexibilité pour amortir les chocs affectant le pouvoir d’achat.
Selon Jesus Castillo, économiste spécialiste de l’Europe du Sud chez Natixis, l’Espagne a réussi à réduire son ratio dette/PIB en supprimant plus rapidement que la France les aides liées à la pandémie et grâce à une croissance plus forte. L’Espagne joue le rôle de « moteur économique » de l’Europe, avec un taux de croissance projeté à 2,3 % en 2026 contre 0,4 % en France. Cela signifie que l’Espagne a réussi à diminuer son ratio dette/PIB en augmentant le dénominateur (PIB) plus vite que le numérateur (dette), rendant le poids de sa dette plus supportable. Cependant, il n’y a pas d’effort structurel réel pour consolider le budget, ce qui pourrait poser problème à l’avenir pour financer les grands défis liés au vieillissement de la population.
L’Espagne n’a pas été épargnée par les répercussions du conflit au Moyen-Orient (l’inflation a atteint 4,3 % en août), mais son économie reste dynamique car elle est davantage orientée vers la demande intérieure. « Elle est moins sensible à l’environnement mondial, notamment parce que le poids de son industrie est inférieur à celui de certains voisins comme l’Allemagne ou l’Italie », confirme Jesus Castillo. Sa croissance est particulièrement portée par la santé du secteur des services, notamment le tourisme, qui a généré des recettes records de près de 135 milliards d’euros l’an dernier (+6,8 %). Même si son industrie est moins importante, l’Espagne dispose d’un avantage concurrentiel face à ses voisins dans ce domaine : des coûts salariaux bien moindres pour des niveaux de qualification équivalents. Ainsi, une heure de travail dans l’industrie coûte en moyenne 27,70 euros. C’était 32 euros en Italie, 46,3 euros en France et 48,8 euros en Allemagne. La moyenne pour l’Union européenne s’élevait à 33,90 euros. Cette main-d’œuvre bon marché se retrouve aussi dans d’autres secteurs de l’économie.
Pour pallier les pénuries de main-d’œuvre dans la restauration, le BTP, la logistique ou la santé, l’Espagne a massivement fait appel à des centaines de milliers de travailleurs étrangers, principalement originaires d’Amérique latine, ce qui a dopé l’emploi. « Ces trois dernières années, plus de 60 % des emplois créés ont été pourvus par de la main-d’œuvre étrangère », souligne Jesus Castillo. Entre 2019 et 2025, la population en âge de travailler et étrangère a augmenté de 39 %, selon une note du Trésor français, et cette catégorie a contribué aux deux tiers de la croissance de la population active du pays sur la période. Une autre étude de la banque Funcas estime que l’intégration de cette main-d’œuvre explique 47 % de la croissance cumulée du PIB entre 2022 et 2025.
Ces créations d’emplois ont soutenu le moteur de la croissance espagnole, à savoir la demande intérieure et donc la consommation, qui a à son tour dynamisé l’activité des entreprises et contribué à de nouvelles créations d’emplois. Sans oublier les 163 milliards d’euros du plan européen de relance post-Covid (deuxième plus gros bénéficiaire), qui ont alimenté les investissements dans le pays. « Nous avons une sorte de cercle vertueux », résume Jesus Castillo, rappelant que le taux de chômage structurellement élevé de l’autre côté des Pyrénées est tout de même descendu sous la barre des 10 % pour la première fois depuis 2008 en début d’année. La France pourrait-elle s’inspirer de la recette espagnole pour rétablir ses comptes publics en misant surtout sur une relance de la croissance ? Cela semble peu probable au vu de la structure de son économie et de l’ampleur de la dérive de ses finances, qui nécessitera probablement « d’activer tous les leviers », c’est-à-dire de réduire les dépenses et d’augmenter les impôts, estime Jesus Castillo. Tout en veillant à ne pas étouffer la faible croissance restante avec un ajustement fiscal trop brutal.
La réduction de la dette publique en Espagne contraste avec le fardeau croissant de la France dans un contexte de divergence économique
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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Sources d'origine :
- 🇫🇷BFMTV



