Le Draisy, un train léger pour les petites lignes françaises

Le Draisy, un train léger à batterie développé par la SNCF et Lohr, pourrait commencer à circuler sur les petites lignes ferroviaires locales et rurales des régions Grand Est et Occitanie d'ici 2029. Ces lignes, souvent indispensables pour relier les territoires isolés, sont menacées de fermeture en raison d'une faible fréquentation ou d'infrastructures vieillissantes.

Les petites lignes représentent un tiers du réseau ferroviaire français

Ces petites lignes locales et rurales, ou très petites lignes, représentent un tiers du réseau ferroviaire français, soit 9 137 kilomètres de voies. La plupart de ces voies ne sont pas électrifiées, ce qui rend leur entretien difficile et coûteux avec des trains traditionnels.

Le Draisy est plus léger et moins cher qu'un TER

Le Draisy est nettement plus léger et moins coûteux qu'un TER (train express régional). Il pèse 22 tonnes, soit moins de la moitié du poids d'un TER, et peut transporter 80 passagers à une vitesse maximale de 100 km/h. Son coût d'acquisition est d'environ 2,5 millions d'euros, contre 5,6 millions d'euros pour un TER classique.

Le Draisy est conçu pour les trajets courts

Le train est destiné aux trajets compris entre 20 et 100 kilomètres, avec un trafic quotidien de 1 500 voyageurs. Il vise à remplacer les trains diesel progressivement retirés des petites lignes d'ici 2030-2035, et pourrait également circuler sur des voies aujourd'hui inutilisées.

France 2030 soutient le projet

Le projet Draisy est soutenu par le programme France 2030 et bénéficie d'un budget de 12,8 millions d'euros, avec un soutien de l'État par l'intermédiaire de l'Ademe. Lohr a fait le point sur l'avancement du projet lors du salon InnoTrans 2026, à Berlin.

Les essais se poursuivent en République tchèque et en France

Lohr a testé un prototype « mulet » (la plateforme roulante sans la caisse) sur la boucle ferroviaire de Velim, en République tchèque. Des préparatifs sont également en cours à Sarralbe-Kalhausen, en Moselle, pour une ligne de démonstration destinée à tester le véhicule dans un environnement ferroviaire réel l'année prochaine.

Deux régions manifestent leur intérêt pour le projet

Deux régions, le Grand Est et l'Occitanie, s'intéressent au projet. La région Grand Est prévoit d'utiliser le Draisy pour remplacer des équipements vieillissants sur deux ou trois lignes et pour rouvrir de petites lignes de 20 kilomètres. L'Occitanie a lancé une étude en vue d'une première expérimentation sur la ligne rénovée Carcassonne-Limoux.

Le processus réglementaire vise une homologation en 2028

La procédure d'homologation consiste à soumettre un dossier de sécurité à l'EPSF (Établissement public de sécurité ferroviaire), dans le but d'obtenir une autorisation d'exploitation commerciale pour les voyageurs d'ici la fin de 2028. Julien Rat, directeur ferroviaire chez Lohr, a déclaré que les résultats des essais à Velim sont très satisfaisants.

D'autres prototypes et essais sont prévus

Un second prototype, plus proche du véhicule de série, est attendu en 2027, suivi de phases d'essais et d'expérimentations sur une ligne de la région Grand Est entre Sarralbe et Kalhausen. L'année 2028 sera consacrée à la procédure d'homologation, avec un déploiement commercial prévu en 2029.

Le Draisy ne circulera pas sur les lignes principales

Par rapport aux trains conventionnels, le Draisy aura un domaine d'exploitation restreint et restera sur les petites lignes plutôt que de rejoindre le réseau principal. Les exigences réglementaires et de sécurité sont moins nombreuses, ce qui devrait accélérer la procédure d'homologation.

Le soutien de la direction de la SNCF

Le projet bénéficie d'un soutien appuyé, notamment de Jean Castex, président de la SNCF, qui a salué ses qualités « économiques et écologiques » lors d'une visite à Duppigheim en février. Toutefois, la SNCF ne s'est pas engagée financièrement dans le projet, les régions achetant le matériel roulant destiné aux services locaux et régionaux.