La députée Agnès Firmin Le Bodo se retire de la commission d'enquête par crainte pour sa crédibilité, après le boycott du Rassemblement national.
Une députée se retire de la commission d'enquête
La députée Agnès Firmin Le Bodo (Horizons) a annoncé vendredi 23 octobre qu'elle se retirait de la commission d'enquête, le 17 octobre, inquiète pour la « crédibilité » des travaux, alors que le Rassemblement national (RN), qui n'a pas obtenu l'un des trois postes de rapporteur, a décidé de boycotter l'instance.La commission d'enquête face à des difficultés
La commission d'enquête créée par l'Assemblée nationale sur les violences du 17 octobre et la gestion du maintien de l'ordre peine à démarrer. Après l'annonce du boycott de ses travaux par le Rassemblement national, qui n'a pas réussi à obtenir l'un des trois postes de rapporteur, l'une des candidates élues a annoncé vendredi qu'elle se retirait de la commission d'enquête.La députée explique sa décision
« Je ne quitte pas le navire, je me mets en retrait pour l'instant, le temps de trouver une solution. Nous ne pouvons pas travailler sans une partie de l'Assemblée nationale », a déclaré Agnès Firmin Le Bodo (Horizons), qui a fait part de sa décision à Vincent Caure, président de la commission des lois. L'ancienne ministre de la Santé justifie son choix par le déroulement de l'élection des trois rapporteurs de la commission d'enquête.Le groupe RN mécontent du résultat
Alors que les députés s'étaient auparavant accordés pour respecter les équilibres politiques de l'Assemblée nationale, le vote à bulletin secret a finalement abouti à la désignation, outre la députée élue de Horizons, de deux députés de gauche, Pouria Amirshahi (Écologiste et social) et Roger Vicot (PS). Le RN, premier groupe du Palais-Bourbon, n'a donc obtenu aucun rapporteur. Ce résultat a suscité la colère du candidat initialement désigné par son groupe, Michaël Taverne, ainsi que de Marine Le Pen, la cheffe des députés RN.Le président de la commission cherche un compromis
« C'est la crédibilité de notre travail qui me préoccupe », insiste Agnès Firmin Le Bodo, estimant que ce n'est pas en laissant le RN « se victimiser » que l'on peut le combattre. Vincent Caure, président de la commission d'enquête, qui est lui aussi favorable à une solution à trois rapporteurs représentant la gauche, le bloc central et l'alliance RN-UDR, a annoncé qu'il consulterait les différents groupes politiques ce week-end et lundi afin de trouver une solution.La commission doit commencer ses travaux
« Je vais échanger avec les différents groupes dans les prochains jours pour garantir la représentation la plus juste de chaque sensibilité politique. Les Français ne comprendraient pas que, en raison de querelles partisanes, les travaux de la commission d'enquête ne puissent pas commencer », a déclaré le député d'Ensemble pour la République dans un communiqué diffusé vendredi. « J'appelle chacun à prendre ses responsabilités. »Certains ne voient pas d'obstacle au démarrage des travaux
Interrogé par LCP, Pouria Amirshahi estime en revanche que la décision d'Agnès Firmin Le Bodo n'empêche pas le démarrage des travaux de la commission d'enquête. « C'est son choix. La commission doit maintenant commencer ses travaux, c'est une obligation constitutionnelle », affirme le député du groupe Écologiste et social.