La réélection de Lula suscite l'intérêt pour sa stratégie sur les réseaux sociaux, qui influence la campagne 2027 de La France insoumise (LFI).
La campagne de Lula inspire un mouvement politique français
Après la réélection de Lula au Brésil, l'attention s'est portée sur son équipe de campagne, en particulier sur sa stratégie sur les réseaux sociaux. Le mouvement politique français La France insoumise (LFI) affirme s'inspirer de la campagne de Lula, notamment du travail du député brésilien André Janones.Les plateformes numériques privilégiées aux protocoles ouverts
LFI s'est inspirée de la campagne de Lula en utilisant des plateformes numériques, en particulier celles exploitées par Meta, tout en évitant les réseaux sociaux aux protocoles plus ouverts comme Bluesky ou Mastodon. Ce choix traduit une préférence pour des plateformes établies, disposant de vastes bases d'utilisateurs.Les chaînes WhatsApp reprennent le modèle brésilien
La stratégie de communication de LFI comprend des éléments inspirés de la campagne brésilienne, comme la création d'une chaîne WhatsApp intitulée « Mélenchon's Team ». Cette chaîne est calquée sur la chaîne « Exercito de Lula » (l'Armée de Lula), qui a rassemblé un large public pendant la campagne de Lula.Six leçons de la campagne brésilienne
Antoine Léaument, député LFI qui exerce également la fonction de responsable de la communication du mouvement, a présenté six enseignements tirés de la campagne brésilienne. Parmi eux figurent le développement d'une chaîne WhatsApp et la mise en invisibilité des contenus d'extrême droite sur les réseaux sociaux, en contestant l'usage des symboles nationaux et en « ludifiant » la campagne.Les considérations réglementaires pour les campagnes numériques
La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a indiqué que l'utilisation de ce type de canaux dans les campagnes électorales fonctionne de la même manière que le compte de réseau social de toute organisation, et qu'elle est soumise au RGPD. Des règles supplémentaires encadrant la communication politique s'appliqueraient si des systèmes de ciblage étaient utilisés pour solliciter des abonnements.Les risques liés à l'utilisation des plateformes de Meta
En s'appuyant sur les plateformes de Meta, LFI s'expose à d'éventuelles ingérences. Meta a été accusé d'ingérence dans les campagnes politiques brésiliennes, et LFI continue d'utiliser X, anciennement Twitter, qui a lui aussi fait l'objet d'accusations d'ingérence dans les débats démocratiques européens.Des règles électorales différentes entre la France et le Brésil
La stratégie mise en œuvre par LFI reprend celle du Brésil, pays dont les règles électorales relatives aux réseaux sociaux sont différentes. La loi brésilienne interdit les recommandations algorithmiques sur les réseaux sociaux, mais autorise les messages sponsorisés pour accroître la portée d'audience.La réglementation française privilégie la transparence
À l'inverse, la réglementation française autorise les recommandations algorithmiques gratuites, mais interdit la publicité électorale sur les réseaux sociaux jusqu'au jour du scrutin, lorsque le candidat a déjà été élu. Les autorités françaises ont relevé les différences de pratiques entre les médias traditionnels et les plateformes numériques.L'efficacité de la stratégie numérique reste à démontrer
Si le janonisme a fait la preuve de son efficacité pour mobiliser le soutien sur les réseaux sociaux, aucune élection n'a été remportée uniquement grâce à une stratégie numérique, pas même celle de Lula. Cela suggère que, si les outils numériques sont précieux, ils ne garantissent pas le succès électoral.