Un rapport met en garde contre les menaces pesant sur les câbles sous-marins

Un nouveau rapport commandé par le Congrès des États-Unis avertit que Pékin pourrait couper secrètement les câbles sous-marins qui relient les États-Unis à l'Asie, et souligne la nécessité de protéger ces infrastructures vitales. Ces câbles acheminent la majeure partie du trafic internet mondial et sont essentiels aux communications à l'échelle planétaire.

La plupart des coupures sont accidentelles

Le rapport explique que la plupart des coupures de câbles sous-marins sont involontaires, causées par exemple par des ancres de navires traînant sur le fond marin, des filets de pêche ou des glissements de terrain sous-marins. Toutefois, des incidents récents en mer Baltique et à proximité de Taïwan, impliquant des navires russes ou chinois, ont suscité des inquiétudes quant à un possible sabotage délibéré.

La commission américaine évalue les capacités de la Chine

La Commission d'examen de la sécurité économique et des relations entre les États-Unis et la Chine (USCC), qui conseille le Congrès, a commandé ce rapport afin d'évaluer la capacité de la Chine à perturber les câbles sous-marins. Il conclut que la Chine cherche à dominer les zones océaniques profondes et utilise les câbles sous-marins comme une arme de « zone grise », c'est-à-dire un moyen d'exercer une influence sans conflit militaire direct.

Les outils sous-marins avancés de la Chine

Le rapport détaille le développement par la Chine de technologies à double usage, notamment un submersible baptisé Striver capable de plonger jusqu'à 10 000 mètres, des essaims de drones sous-marins interconnectés et des dispositifs de coupure de câbles « en hibernation » qui pourraient être activés ultérieurement. Ces outils permettent des opérations clandestines difficiles à retracer.

Les câbles sont difficiles à attaquer et difficiles à attribuer

Les câbles sous-marins sont des cibles attrayantes, car les attaques contre eux sont discrètes, difficiles à retracer et peu susceptibles de déboucher sur un conflit direct. Cela correspond à la stratégie de « zone grise », qui vise à obtenir des avantages stratégiques sans recourir ouvertement à la force militaire. Certains câbles, en particulier ceux qui relient les États-Unis à Taïwan, au Japon et aux Philippines, sont plus vulnérables, car ils traversent des eaux peu profondes et très fréquentées que Pékin revendique.

Certains câbles sont plus exposés

Le rapport comprend un indice de vulnérabilité qui classe les câbles transpacifiques selon leur degré d'exposition. Parmi les dix câbles les plus exposés figurent TPU de Google, ORCA de Meta, ainsi que E2A, détenu conjointement par Verizon et des entreprises japonaises, sud-coréennes et taïwanaises. Perturber ces câbles pourrait gravement affecter les communications entre les États-Unis et l'Asie.

Une perturbation aurait de larges répercussions

La coupure d'un seul câble pourrait saturer les liaisons de données directes entre les États-Unis et leurs alliés asiatiques, obligeant les données à emprunter des itinéraires plus longs et plus lents. Si plusieurs câbles étaient coupés lors d'une crise, notamment une crise impliquant Taïwan, l'ensemble des capacités de communication transpacifiques pourrait être perturbé, les données devant alors contourner la planète.

Le rapport appelle à renforcer les défenses

Le rapport recommande que les États-Unis améliorent la surveillance avec leurs alliés, au moyen d'outils partagés de suivi maritime, de patrouilles accrues et de sanctions plus strictes. Il préconise également de reconstituer les flottes de réparation vieillissantes, de prépositionner du matériel et d'investir massivement dans les capacités sous-marines civiles et militaires afin de rivaliser avec les progrès réalisés par la Chine dans ce domaine depuis 2014.