Les risques sanitaires du climat s'accélèrent

Dix ans après l'Accord de Paris, les effets néfastes du changement climatique sur la santé progressent plus vite que la riposte mondiale, selon Marina Romanello, directrice exécutive du Lancet Countdown. La dixième édition de ce rapport, rédigée par 146 chercheurs issus de 30 pays, dresse un bilan préoccupant des répercussions croissantes du changement climatique sur la santé.

Appel à une réponse durable

À quelques jours de la COP31, les auteurs du rapport exhortent à dépasser la gestion ponctuelle des catastrophes liées au climat pour mettre en place une réponse durable. Celle-ci comprend la prévention, l'adaptation des systèmes de santé et la réduction des émissions de gaz à effet de serre, qui ont atteint des niveaux record dans l'atmosphère.

Mécanisme d'urgence proposé

Marina Romanello plaide en faveur d'un « mécanisme coordonné de réponse d'urgence » entre les États, calqué sur les mécanismes mis en œuvre par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) lors des pandémies. Cette approche viserait à répondre de manière plus systématique à l'aggravation des effets du changement climatique sur la santé.

Hausse marquée des décès liés à la chaleur

Le rapport met en lumière le lourd bilan humain du changement climatique, avec près de 3 millions de décès liés à la chaleur entre 2016 et 2023. Ces décès aggravent l'insécurité alimentaire et accentuent les dangers de la fumée des feux de forêt, qui deviennent plus fréquents et plus intenses.

Proportion croissante des décès liés au climat

Entre l'Accord de Paris de 2016 et 2023, 2,96 millions de décès liés à la chaleur ont été attribués au changement climatique. La part de ces décès s'est accélérée : 68,4 % des décès annuels liés à la chaleur survenus sur cette période sont imputables au réchauffement global, contre 55 % durant la décennie précédente.

Calcul de la mortalité liée au climat

Pour déterminer la part des décès attribuables au réchauffement climatique, les chercheurs ont compilé les données nationales sur les décès liés à la chaleur. Ils ont ensuite soustrait le nombre de décès qui auraient eu lieu sans changement climatique, en s'appuyant sur un scénario hypothétique. Cette méthode a été expliquée par le professeur Ollie Jay, de l'Université de Sydney.