Un désir croissant de vie rurale remodèle les futures implantations, les experts ayant identifié sept régions en France comme plus habitables d'ici 2050.
Un intérêt croissant pour la vie à la campagne
Une envie grandissante de vivre en milieu rural est alimentée par les inquiétudes liées à la surpopulation des villes, à la disponibilité limitée de l'énergie et aux défis environnementaux, selon Guillaume Faburel, géographe et dirigeant du Mouvement post-urbain.Une analyse identifie les futures zones habitables
Faburel et son équipe de géographes post-urbains ont examiné trente facteurs, dont les épisodes de chaleur extrême, les risques d'inondation, la qualité des sols, la disponibilité des terres agricoles et la pression foncière, afin de déterminer quelles régions pourraient être plus habitables d'ici 2050. Leurs conclusions mettent en avant sept régions, dont trois zones de collines en Bretagne, en Normandie et dans le Poitou, ainsi que quatre moyennes montagnes, comme certaines parties des Pyrénées, du Massif central, du Morvan et des Préalpes.Les défis persistent en milieu rural
Faburel souligne que, si ces régions offrent davantage d'espace pour des modes de vie plus simples, des difficultés subsistent, notamment l'accès à l'eau et aux services essentiels. Il insiste sur le fait que des changements majeurs dans les habitudes de consommation et de déplacement sont nécessaires pour rendre cette transition possible.Les réponses institutionnelles à la surpopulation urbaine
Le Mouvement post-urbain envisage deux échéances : 25 à 30 ans pour une vision à l'horizon 2050, et un horizon plus lointain, jusqu'en 2100. Faburel cite, comme réponses des pouvoirs publics à la surpopulation urbaine, le plan espagnol de repeuplement rural lancé en 2021 et les limites démographiques imposées à Pékin et à Shanghai.Décroissance énergétique et modèles économiques
Faburel se demande si le capitalisme pourra survivre à la décroissance énergétique, c'est-à-dire au recul de la disponibilité de l'énergie lié à la raréfaction des combustibles fossiles. Il propose une évolution vers des économies de subsistance et le partage de ressources, comme les bois communaux et les terres acquises par des groupes de citoyens.Taille idéale des villes et infrastructures
Faburel estime qu'une ville idéale compterait au maximum 40 000 habitants, avec une taille préférée de 10 000 habitants, comparable à celle de nombreuses villes en pleine mutation. Il s'oppose aux grands projets d'infrastructures, comme les parcs éoliens de grande envergure, et privilégie la réutilisation des ressources existantes, comme les 7 millions de vélos stockés dans les garages.Les défis de l'intégration en milieu rural
Faburel insiste sur l'importance de l'humilité et de la compréhension pour aider les nouveaux arrivants à s'intégrer dans les communautés rurales, rappelant que 80 % des nouveaux venus éprouvent des difficultés à s'adapter à la vie à la campagne.Le livre qui éclaire la vie rurale
Les réflexions de Faburel sont développées dans son ouvrage Où vivre ?, publié aux éditions Tana. Il conclut que les zones rurales représentent un récit inachevé, certaines régions restant complexes et d'autres offrant une diversité inattendue.