Une forteresse circulaire située dans la province de Timimoun, près du ksar de Drâa dans le désert algérien, intrigue les chercheurs depuis des siècles. La structure, qui culmine à environ neuf mètres de haut et dont les murs dépassent 1,80 mètre d’épaisseur, ne comporte qu’une seule porte sans aucune inscription susceptible de révéler qui l’a construite. Estimée à au moins 700 ans, cette forteresse ne correspond à aucun modèle connu de ksar berbère dans la région. Le terme « ksar » désigne généralement un village fortifié typique des communautés berbères, souvent situé en zone montagneuse et composé d’un ensemble de maisons reliées entre elles. Pourtant, ce ksar se distingue par sa forme circulaire et sa localisation en plein désert, loin des reliefs montagneux habituels. Aucune inscription, hiéroglyphe ou autre indice direct sur ses bâtisseurs ou son usage initial n’a été découvert à ce jour. Plusieurs théories tentent d’éclairer la fonction de cette forteresse. L’une d’elles avance qu’il s’agissait d’une prison naturelle, les dunes environnantes et l’unique porte rendant toute évasion extrêmement difficile. Une autre hypothèse suggère qu’il s’agissait d’un village fortifié conçu pour protéger ses habitants des rigueurs du désert. Une troisième théorie, soutenue par National Geographic, avance qu’il pourrait s’agir d’un caravansérail – un type d’auberge routière – utilisé par les voyageurs transsahariens. Cette idée est étayée par des caractéristiques architecturales similaires à celles des caravansérails traditionnels, comme des murs épais, une entrée unique, ainsi que des espaces de stockage et des écuries potentielles. Malgré ces pistes, aucune preuve définitive n’a permis de confirmer la fonction initiale de la forteresse. L’intérieur du ksar aurait pu abriter des habitations, une mosquée, des cuisines collectives, voire une école, mais ces hypothèses restent incertaines en l’absence de preuves matérielles suffisantes. Le site est considéré comme l’un des trésors archéologiques les plus précieux d’Algérie, et le débat sur son usage se poursuit encore aujourd’hui.