Dans le lagon de Chuuk, une petite île des États fédérés de Micronésie, plus de 65 épaves de navires et 250 avions reposent immergés, intacts et jamais touchés par des opérations de sauvetage. Ces vestiges ont été coulés lors de deux importantes campagnes de bombardement en février 1944, dans le cadre de la Seconde Guerre mondiale. Selon une étude publiée en 2016 dans la revue Frontiers in Marine Science par Ian D. MacLeod, chercheur au Western Australian Maritime Museum, les épaves contiennent encore du carburant piégé depuis plus de 80 ans. Les coques en acier se corrodent lentement, à un rythme d’environ 0,1 mm par an, bien que cette vitesse varie selon des facteurs comme la profondeur, la salinité et la température de l’eau.
MacLeod avait précédemment déterminé que les épaves de Chuuk se corrodent de 26 à 30 % plus lentement que celles en pleine mer à la même profondeur. En 82 ans, ce rythme plus lent a entraîné une perte estimée d’environ 8 mm d’acier. Le carburant restant à l’intérieur des épaves constitue une préoccupation majeure, avec des estimations allant de 22 millions à plus de 100 millions de litres de fioul et de diesel. Le Japan Mine Action Service (JMAS), un programme financé par le ministère japonais des Affaires étrangères, a identifié 15 épaves prioritaires à nettoyer. Jusqu’à présent, seules quelques quantités infimes de carburant ont été récupérées, avec 60 000 litres extraits depuis 2017.
L’une des épaves les plus emblématiques est le Kiyosumi Maru, un navire de 8 614 tonnes reposant à 30 mètres de profondeur. Il présente une large brèche causée par une torpille et contiendrait plus de 60 000 litres de fioul. Les experts mettent en garde contre le risque qu’une tempête violente n’endommage l’épave et ne libère des millions de litres de carburant dans le lagon. En 2007, une fuite du Hōyō Maru avait recouvert le rivage d’une couche d’huile de 7 cm, illustrant les dangers. En 2011, le président des États fédérés de Micronésie avait qualifié ces épaves de « bombes à retardement environnementales » lors d’un discours à l’Assemblée générale des Nations unies, ce qui avait incité le JMAS à lancer ses opérations de nettoyage en 2017.
Le 11 septembre 2025, une fuite a été détectée sur le Rio de Janeiro Maru, une épave de 1944. La nappe d’huile s’est étendue vers les îles voisines, déclenchant des alertes concernant des vapeurs toxiques et une contamination des eaux. Le gouverneur de Chuuk, Alexander R. Narruhn, a déclaré l’état d’urgence, tandis que le président micronésien, Wesley Simina, a sollicité une aide internationale lors de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies. La fuite a finalement été maîtrisée grâce à la pose d’un réservoir de collecte sur l’épave. Bien que la situation se soit améliorée, la menace persiste.
Ces épaves ne représentent pas seulement un enjeu environnemental, mais aussi une attraction touristique majeure pour Chuuk. Le nombre exact d’épaves varie selon les sources, avec des estimations allant de 44 à 65. Au-delà de Chuuk, le Secrétariat du Programme régional océanien de l’environnement (PROE) avait recensé en 2022 plus de 1 200 épaves potentiellement polluantes dans le Pacifique. À mesure que l’acier continue de se corroder, le risque de fuites de carburant reste un défi pressant pour la région.
Préoccupations environnementales et historiques concernant les épaves dans le lagon de Chuuk
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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