Le Centre communal d’action sociale (CCAS) de Vénissieux est invité à fonctionner davantage comme une structure indépendante plutôt que comme un simple service de la mairie, selon un rapport de la Chambre régionale des comptes Auvergne-Rhône-Alpes couvrant la période 2019-2025. Le document met en lumière les conditions sociales difficiles du territoire, où le taux de pauvreté dépasse de plus du double celui de la Métropole de Lyon, et où les écarts de revenus entre les quartiers sont marqués. Le CCAS emploie environ 65 personnes et dispose d’un budget approchant les 5 millions d’euros. Il propose une gamme de services, dont deux résidences autonomie, deux logements sociaux, un centre de soins de jour, la livraison de repas, des soins infirmiers et de l’aide à domicile. Plus de 70 % de ses ressources sont consacrées à l’accompagnement des personnes âgées, et l’organisme se tourne de plus en plus vers l’aide aux personnes sans-abri. En 2024, quelque 100 000 euros d’aides financières facultatives ont été distribués. Toutefois, le rapport critique l’absence d’un système de « guichet unique » pour mieux coordonner les actions du CCAS avec celles de la Métropole de Lyon. Le rapport interroge en particulier la gouvernance du CCAS, soulignant que, bien qu’il dispose d’une personnalité morale propre, il fonctionne comme un service municipal de Vénissieux. La ville fournit l’intégralité du personnel sans contrat formel, et le conseil d’administration est invité à prendre davantage ses responsabilités dans la définition de l’orientation de l’organisme, y compris en validant sa propre stratégie sociale. Des inquiétudes sont également exprimées sur le plan financier, la subvention de la ville représentant 55 % des ressources totales du CCAS, l’assurance maladie 21 %, les usagers environ 15 %, et les autres sources de revenus – dont celles de la Métropole – les 8 % restants. En 2024, 1,4 million d’euros, soit la moitié de la subvention municipale, a été utilisé pour combler les déficits de fin d’année des résidences autonomie et du service d’aide et d’accompagnement à domicile. Le rapport relève également l’apparition d’un déficit dans le service de soins infirmiers à domicile et insiste sur la nécessité de surveiller les coûts liés à l’emploi. Le document évoque la question du « non-recours aux droits », déjà identifiée par le CCAS dans son analyse des besoins sociaux de 2021. Ce terme désigne l’incapacité de certaines personnes à accéder à des prestations sociales auxquelles elles ont pourtant droit. Le rapport mentionne également l’initiative « Territoire zéro non-recours », une expérimentation pilotée par la Métropole de Lyon pour répondre à ces enjeux. Cette démarche pourrait offrir de nouvelles pistes à Vénissieux. Dans l’ensemble, le rapport souligne la nécessité pour le CCAS de renforcer son autonomie et d’améliorer sa coordination avec les collectivités locales pour mieux relever les défis sociaux complexes auxquels il est confronté.