Des amendements à la proposition de loi de finances pour 2027 sont actuellement en discussion en France, centrés sur le Crédit d'Impôt Service à la Personne (CISAP), un crédit d’impôt qui aide près de 5 millions de foyers employant des travailleurs domestiques pour des tâches comme la garde d’enfants, le soutien scolaire, l’assistance aux personnes en situation de handicap ou l’entretien léger du domicile. Selon un rapport de la Cour des comptes, un organisme d’audit français, le CISAP devrait coûter 7 milliards d’euros à l’État en 2026, contre 6,1 milliards en 2024. Le rapport souligne que le coût actuel n’est pas équilibré et profite de manière disproportionnée aux 10 % des foyers les plus aisés. Plusieurs députés proposent de réduire le taux du crédit de 50 % à 40 % pour certaines activités ne relevant pas directement de la garde d’enfants ou de l’accompagnement des personnes âgées ou en situation de handicap. Cette modification, suggérée par Christine Pirès Beaune (Socialistes), pourrait permettre d’économiser 865 millions d’euros. Un autre député, Charles de Courson (Liot), propose quant à lui une réduction à 45 %. Ces ajustements visent à rendre le crédit d’impôt plus ciblé et à réduire les dépenses publiques. Une autre piste envisagée consisterait à exclure les frais de plateforme du calcul du crédit, pour se concentrer sur le salaire réel perçu par le travailleur. Actuellement, les travailleurs reçoivent souvent bien moins que le tarif horaire facturé par les plateformes qui les mettent en relation avec les employeurs. Cette mesure pourrait générer une économie supplémentaire de 200 millions d’euros. Le groupe écologiste et socialiste a proposé une approche plus progressive, basée sur les revenus. Selon leur projet, les foyers dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 50 000 euros conserveraient un taux de crédit de 50 %, ceux gagnant entre 50 000 et 100 000 euros bénéficieraient d’un taux de 25 %, et ceux dont les revenus dépassent 100 000 euros n’auraient droit à rien. Les seuils pourraient être ajustés en fonction du nombre de personnes à charge, avec des exceptions pour les personnes en situation de handicap ou celles qui s’occupent de personnes handicapées ou d’enfants. Des députés de La France insoumise, un groupe politique de gauche, ont suggéré une réduction encore plus progressive, passant de 50 % pour les foyers les plus modestes (ceux dont les revenus sont inférieurs à 30 000 euros) à 1 % pour ceux dont les revenus dépassent 70 000 euros. Ils appellent également le gouvernement à renforcer la lutte contre le travail non déclaré ou informel. Certains députés souhaitent aussi exclure certaines dépenses, comme la sécurité des résidences principales et secondaires ou le coaching sportif, sauf si elles sont directement liées à des personnes à charge. D’autres proposent de réduire de 5 000 à 2 500 euros le plafond annuel pour les dépenses de jardinage, arguant que le plafond actuel profite aux foyers aisés disposant de grandes propriétés. Philippe Brun, récemment exclu du groupe socialiste, a quant à lui proposé de porter le taux du crédit à 80 % pour les familles monoparentales.