Le projet de loi de finances pour 2027 comprend une section dédiée aux « dépenses fiscales les plus coûteuses », qui représentent plus de 50 % du total des dépenses fiscales, soit un montant dépassant 91 milliards d’euros. Ce chiffre reste relativement stable sur les trois années étudiées (2025-2027). Ces « 15 dépenses » ne concernent pas l’ensemble des contribuables et des particuliers. Selon le ministère de l’Économie et des Finances (Bercy), la première dépense de ce classement est un avantage fiscal en faveur des entreprises : le crédit d’impôt recherche (CIR). En 2027, il devrait dépasser le « crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile », qui occupait la première place l’an dernier. La liste se concentre sur les avantages fiscaux bénéficiant aux particuliers via l’impôt sur le revenu. Voici le classement de ces dépenses : 1. Crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile : 7,1 milliards d’euros 2. Abattement de 10 % sur les pensions de retraite : 4,7 milliards d’euros 3. Exonération des « épargnes salariales » : 3 milliards d’euros 4. Exonération des heures supplémentaires : 2,3 milliards d’euros 5. Réduction d’impôt pour dons aux œuvres : 2,2 milliards d’euros 6. Crédit d’impôt pour la garde d’enfants : 1,8 milliard d’euros 7. Exonération des allocations familiales et de l’AAH : 1,6 milliard d’euros Source : tome II de l’annexe « voies et moyens » du projet de loi de finances 2027 – Estimation Bercy : « Estimation pour 2027 » Note : L’abattement forfaitaire de 10 % sur les frais professionnels, qui profite à l’ensemble des actifs, n’est pas considéré par Bercy comme une « dépense fiscale », mais comme une « simplification » pour éviter à chaque contribuable de déclarer ses frais réels. C’est pourquoi il n’apparaît pas dans ce classement. La première dépense du classement, le crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile, est réclamée par plus de 5 millions de foyers fiscaux. Ces ménages peuvent utiliser différentes méthodes pour en bénéficier, comme le système du Cesu ou des entreprises ou associations prestataires de services. En moyenne, les bénéficiaires perçoivent environ 1 266 euros d’avantage fiscal par an, selon la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Toutefois, le coût moyen par foyer bénéficiaire s’élève, selon le budget 2027 de Bercy, à plus de 1 365 euros. La deuxième dépense fiscale la plus coûteuse, l’abattement de 10 % sur les pensions de retraite, profite à 15,3 millions de personnes, dont les retraités et les bénéficiaires d’allocations familiales. Le coût moyen par bénéficiaire s’élève à 308 euros. Cette dépense devrait légèrement diminuer en 2027 en raison de la baisse du plafond de l’abattement, passé d’environ 4 500 euros à 3 000 euros. Si cette mesure est adoptée, le coût de cet avantage fiscal sur les pensions passerait de 5 598 millions d’euros en 2026 à 4 715 millions d’euros en 2027. La troisième dépense fiscale la plus coûteuse, l’exonération des « épargnes salariales », permet aux salariés d’éviter de payer des impôts sur certaines primes en les plaçant dans un plan d’épargne salariale. Cette exonération coûte près de 3 milliards d’euros par an aux finances publiques. Cependant, le coût exact par bénéficiaire reste inconnu, le nombre de foyers bénéficiaires étant indiqué comme « non déterminé » dans l’annexe budgétaire recensant ces dépenses fiscales. Cette option est souvent choisie lorsque les employeurs proposent des primes d’intéressement ou de participation, permettant aux salariés de percevoir l’argent (sous réserve de l’impôt sur le revenu) ou de l’épargner sans imposition.