Les startups françaises lèvent 4,6 milliards d'euros

Selon un baromètre publié par EY, les startups françaises ont levé 4,6 milliards d'euros au cours du premier semestre 2026. Toutefois, le nombre d'opérations réalisées sur la période s'élève à 280, contre 311 un an plus tôt.

Les plus grosses opérations tirent la croissance des financements

Les cinq plus grosses opérations, celles d'AMI Labs, d'Alan, de Pennylane, de Pascal et de Bionyra Pharma, représentent près de 2 milliards d'euros, soit plus de 40 % du total. La taille moyenne des opérations est passée de moins de 9 à plus de 16 millions d'euros.

Les investissements se concentrent

Thibaut Gimenez, cofondateur du groupe Super Capital, a fait remarquer que si l'argent est toujours présent et que les investissements sont réels, ceux-ci se concentrent de plus en plus et concernent un nombre réduit d'entreprises. Il a affirmé qu'il existe une concentration des capitaux, des subventions et des prêts publics et privés dans certains secteurs, et que, globalement, l'argent est bien là, mais qu'il va à moins d'entreprises.

Les compétences financières deviennent essentielles

Gimenez a insisté sur le fait que la gestion financière gagne du terrain parmi les compétences attendues d'un dirigeant. Les futurs entrepreneurs et managers doivent devenir les premiers financiers de l'entreprise, en maîtrisant la stratégie financière afin de ne manquer aucune opportunité et de ne pas être pris au dépourvu.

Comprendre les sources de financement est essentiel

Gimenez a expliqué que les dirigeants doivent développer leurs compétences et acquérir une expertise technique, en sachant ce qu'ils cherchent à financer, avec quel outil, selon quel calendrier, et en comprenant les mécanismes en jeu. Il a ajouté que le défi ne consiste pas seulement à connaître les différentes sources de financement, mais aussi à savoir les faire fonctionner ensemble, qu'il s'agisse de fonds propres, de prêts bancaires, des dispositifs de Bpifrance, de subventions, de prêts d'honneur ou de crédits d'impôt.

Investisseurs et financiers n'ont pas les mêmes objectifs

Gaspard de Buchet, responsable des services aux startups chez Super Capital, a souligné qu'un investisseur cherche à réaliser une opération, en visant à multiplier son investissement par cinq ou dix, tandis qu'un financier cherche à être remboursé. L'analyse n'est donc pas du tout la même, et le discours à adopter avec ces différents interlocuteurs, ainsi que les arguments à avancer, diffèrent.

Combiner plusieurs sources de financement

Super Capital a accompagné une startup qui a levé 340 000 euros, complétés par 150 000 euros de subventions, 150 000 euros de prêts Bpifrance et 100 000 euros de prêts bancaires obtenus grâce à Super Capital. L'entreprise disposait ainsi de 740 000 euros à déployer, contre les 300 000 euros de trésorerie initialement prévus.

La gestion de la trésorerie devient cruciale

Gimenez a insisté sur le fait que la trésorerie doit désormais être au centre des discussions de gestion et des conseils d'administration, notamment autour des plans de trésorerie, des délais de paiement et des différents scénarios qui permettent à l'entreprise de tenir ou non. Il a averti que si un dirigeant manque de rigueur ou de connaissance sur la trésorerie, cela ne passe plus du tout.

Les entrepreneurs font face à des arbitrages complexes

À mesure que les besoins augmentent et que les arbitrages se multiplient entre gestion de la dette, subventions, financement de la R&D, équipements et trésorerie, il n'est plus toujours évident pour les entrepreneurs de gérer ces aspects seuls. Super Capital met en garde : en 2027, les startups les plus prometteuses seront de plus en plus internationalisées dès le départ, avec des opérations structurées entre la France et l'international.

La structuration à l'international est essentielle

Super Capital souligne qu'il est nécessaire de prendre en compte, très tôt, cette structuration internationale. Le rôle du cabinet est de réunir les différentes casquettes d'un directeur financier, depuis les premiers financements jusqu'à la structuration de la fonction finance et la gestion de la croissance, en passant par les levées de fonds et l'optimisation des effets de levier dans le financement public et privé.