La dyslexie et les troubles d’apprentissage associés, comme la dysgraphie (difficultés d’écriture), la dyspraxie (problèmes de motricité) et la dysphasie (troubles du langage), touchent de nombreux enfants et entraînent souvent des défis durables pour leurs familles. Une enquête réalisée par OpinionWay pour le compte de Poppins (une plateforme numérique d’accompagnement des enfants concernés) et de la FFDys (Fédération française des dys) révèle que l’accès au diagnostic et aux soins adaptés reste difficile. En moyenne, le premier diagnostic d’un trouble dys est posé vers 7 ans, mais le parcours vers une prise en charge peut être long. Près d’un quart des parents déclarent ne toujours pas avoir de solution, et 12 % n’ont pas obtenu de diagnostic définitif. Au total, 38 % des parents ont dû attendre au moins un an pour une prise en charge, ou attendent encore. Les parents évoquent plusieurs obstacles pour accéder à l’aide dont leurs enfants ont besoin. Pratiquement tous (94 %) ont rencontré au moins un frein, les plus fréquents étant le manque de professionnels disponibles (73 %), les délais trop longs pour les soins (51 %) et le manque d’information (43 %). Beaucoup de familles ignorent l’existence des Plateformes de Coordination et d’Orientation (PCO), qui facilitent l’accès aux dispositifs adaptés. Près de la moitié des parents d’enfants de moins de 12 ans concernés par un trouble dys ne connaissent pas ces plateformes, et seulement 13 % des enfants concernés en ont bénéficié. À l’école, ces troubles ont un impact émotionnel et scolaire important. Selon les parents, 94 % des enfants sont souvent épuisés par l’effort demandé en classe, et 64 % le sont très souvent. Les devoirs génèrent des tensions dans 84 % des familles. Pire encore, 75 % des parents rapportent que leur enfant se dévalorise, se percevant comme « inutile » ou « incapable ». Beaucoup subissent aussi des moqueries : près d’un tiers des parents (31 %) disent que leur enfant s’en plaint souvent, et cette proportion monte à 39 % chez les enfants qui n’ont pas encore été pris en charge. Si de nombreux enfants bénéficient d’aménagements comme un Plan d’Accompagnement Personnalisé (PAP) ou un Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS), ceux-ci ne sont pas toujours appliqués de manière systématique. Plus d’un tiers des parents estiment que ces dispositifs manquent ou sont rares lors des examens, des changements de classe ou des interactions avec les enseignants. Ces difficultés peuvent avoir des conséquences durables. Parmi les adultes atteints de troubles dys interrogés, 91 % estiment que leur condition a affecté leur parcours scolaire, certains évoquant un niveau d’études inférieur à leurs capacités, un décrochage précoce ou des expériences de harcèlement. Prendre soin d’un enfant atteint d’un trouble dys perturbe aussi la vie familiale. Environ 61 % des parents ont dû adapter leur emploi du temps ou leurs habitudes, certains passant au télétravail, à un temps partiel ou suspendant temporairement leur carrière. La pression financière est également forte : 76 % des parents déclarent subir un impact économique, et 22 % dépensent plus de 1 000 euros par an de leur poche. Résultat, 44 % ont dû renoncer à un soin ou à une évaluation par manque de moyens. Les parents réclament une meilleure prise en charge par les assurances et une formation obligatoire des enseignants sur les troubles dys, ces deux priorités étant les plus souvent citées.