Le plan marocain reste au centre des négociations

Le plan marocain, présenté en 2007, demeure la principale référence des négociations sur le Sahara occidental, même si ni l'Algérie ni le Front Polisario n'en ont accepté le cadre. La résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée en octobre 2025, a réaffirmé ce plan comme base des discussions, bien que son contenu puisse être modifié.

L'accent se déplace vers une véritable autonomie

Le débat sur le Sahara occidental se concentre désormais sur la notion de « véritable autonomie », telle que définie dans la résolution 2797. Cette idée dépasse l'affrontement traditionnel entre la revendication de souveraineté du Maroc et la volonté d'indépendance du Polisario, dans le but d'aboutir à un arrangement politique plus souple, incluant une large autogestion locale.

Confiance et incidents freinent les progrès

L'envoyé personnel de l'ONU, Staffan de Mistura, a identifié deux obstacles principaux à une percée : la poursuite d'incidents et de violations du cessez-le-feu de 1991, et le profond manque de confiance entre les parties. Ces problèmes ont bloqué l'avancée des négociations et compliquent encore les efforts en faveur d'une solution.

Une consultation du peuple sahraoui est nécessaire

Une condition essentielle à tout dispositif d'autonomie est le consentement du peuple sahraoui. Le rapport du secrétaire général souligne la nécessité d'une « consultation significative » de la population locale, qui pourrait prendre diverses formes, notamment un vote sur le statut final ou une validation par des représentants élus. Cette approche évite un référendum strict entre indépendance et intégration.

L'autonomie doit comporter de réels pouvoirs

Une véritable autonomie doit inclure de réels pouvoirs de décision pour les institutions sahraouies, au-delà de simples mesures de décentralisation administrative. Le plan marocain prévoit un parlement régional et une gouvernance locale, mais il exige également des garanties contre une reprise unilatérale par le Maroc. La défense, la monnaie et la politique étrangère resteraient sous contrôle marocain, tandis que les autres domaines seraient gérés localement.

Le partage des ressources est déterminant

La gestion et le partage des ressources, notamment les phosphates, la pêche et les énergies renouvelables, sont cruciaux pour la viabilité de toute autonomie. Les institutions locales devraient contrôler une part importante des revenus et influencer les grands projets afin de garantir la pérennité de l'autonomie et son bénéfice pour la population sahraouie.

L'inclusion du Polisario est indispensable

Tout accord durable doit associer le Front Polisario, malgré le refus du Maroc de reconnaître sa prétention à représenter le peuple sahraoui. Le mouvement doit participer à la définition du nouveau statut et prendre part aux élections. La question des réfugiés sahraouis dans les camps de Tindouf est également centrale, avec la proposition de visites dans des villes marocaines comme mesure de confiance.

Garanties internationales et plans de transition

Les négociations ont proposé la création d'un conseil temporaire chargé de superviser la transition vers le nouveau statut et de gérer le désarmement et la réintégration des combattants. De solides garanties internationales seraient nécessaires pour empêcher toute modification unilatérale d'un accord. L'ONU pourrait voir son rôle évoluer, passant de la supervision d'un référendum à la surveillance de l'autonomie et à la protection des droits politiques.

Coopération régionale et préoccupations de souveraineté

Une solution viable exige une amélioration des relations entre le Maroc et l'Algérie, les deux parties montrant une certaine volonté de dialogue. Le Maroc reste opposé à tout arrangement permettant la sécession, tandis que l'Algérie insiste sur le principe de l'autodétermination. Une formule équilibrée pourrait permettre à chacun de maintenir sa position tout en ouvrant la voie à une coopération régionale.

Décision du Conseil de sécurité en attente

Le Conseil de sécurité doit se prononcer d'ici le 31 octobre sur le renouvellement du mandat de la MINURSO, ce qui indiquera le niveau de soutien aux négociations. Le désaccord actuel sur la souveraineté et l'autodétermination laisse place à de nouvelles discussions, en particulier sur le conseil de transition et les mécanismes de partage des ressources.