Le gouvernement français devrait prélever 2,1 milliards d’euros sur le système d’assurance-chômage, géré par l’Unédic, en 2027, a indiqué le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou. Ce retrait s’inscrit dans une stratégie plus large de réduction des finances publiques, comme l’a rapporté L’Opinion dans une interview, et confirmé par d’autres sources. Depuis 2023, près de 8 milliards d’euros ont déjà été prélevés sur les fonds de l’Unédic. Sans ces prélèvements, le système aurait enregistré des excédents de 3,5 milliards d’euros en 2023, de 2,5 milliards en 2024 et de 3,3 milliards en 2025, qui auraient pu servir à rembourser sa dette. L’Unédic, qui gère les allocations chômage en France, affiche une dette de 61,5 milliards d’euros à la fin de l’année 2026. L’excédent de 2,1 milliards d’euros prévu en 2027 devait justement contribuer à commencer à réduire cette dette. En prélevant la majeure partie de cet excédent, l’État place l’Unédic en situation quasi équilibrée, mais l’empêche de diminuer son endettement. Des responsables de l’Unédic ont critiqué cette décision, estimant qu’elle risque de maintenir la dette du système à un niveau élevé et de détourner des ressources nécessaires à sa mission principale. Le président et le vice-président de l’Unédic ont qualifié la situation de « conséquences graves ». Le gouvernement justifie ces prélèvements par la nécessité de renforcer les finances publiques dans leur ensemble. L’Unédic, de son côté, estime que son excédent devrait être utilisé pour rembourser sa propre dette. Entre 2023 et 2026, l’État a déjà retiré 12 milliards d’euros des recettes de l’Unédic. Le prélèvement prévu pour 2026 s’élève à 4,1 milliards d’euros, ce qui devrait entraîner une perte de 2,3 milliards d’euros pour l’organisme. En plus du prélèvement sur l’excédent, le ministre a évoqué des efforts pour réduire les exonérations de cotisations patronales. Ces exonérations sont passées d’environ 50 milliards d’euros en 2020 à plus de 80 milliards aujourd’hui. Le gouvernement a déjà réduit ces exonérations de plus de 8 milliards d’euros dans son projet de budget pour 2027, notamment en intégrant la participation et l’intéressement dans le calcul des salaires et en gelant les exonérations sur les bas salaires, alors même que le SMIC a augmenté. Le Medef, principal syndicat patronal, a mis en garde contre un risque de réduction des capacités d’investissement des entreprises et d’affaiblissement de leur compétitivité, qualifiant le gel des exonérations de « menace directe pour l’emploi ». Le ministre a également annoncé son intention de réduire la durée d’indemnisation chômage, passant de dix-huit à quinze mois maximum après un licenciement classique, une mesure qui pourrait générer jusqu’à 800 millions d’euros par an à partir de 2029. À plus long terme, il est aussi question de récupérer 880 millions d’euros par an auprès des travailleurs frontaliers, une fois de nouvelles règles européennes mises en place. Les principales recettes de l’Unédic proviennent des cotisations patronales, prélevées à un taux de 4 % du salaire brut. Depuis 2019, les salariés ne contribuent plus directement, mais versent 1,47 point de contribution sociale généralisée (CSG) sur l’ensemble de leurs revenus d’activité.