Bruno Le Maire, qui a précédemment occupé le poste de ministre de l’Économie de la France de 2017 à 2024, est apparu dans l’émission Lundi, c’est politique sur LCP le 5 octobre 2026 pour exprimer ses inquiétudes concernant le budget proposé par le gouvernement. Il a qualifié ce plan de « bien plus rigoureux » et de « bien plus sérieux » que la stratégie actuelle, tout en mettant en garde contre une dégradation des finances publiques depuis la dissolution du gouvernement en 2024. Le Maire a exprimé ses craintes d’une possible crise financière en France si la situation n’est pas corrigée. Pour faire face à ces défis financiers, Le Maire a proposé un « frein d’urgence » incluant plusieurs mesures, comme la désindexation des pensions, la suppression de l’allocation de 10 % pour les retraités, le gel des augmentations de salaire pour les fonctionnaires et une coupe de 30 milliards d’euros dans le budget. Il a souligné que cette approche n’avait jamais été sérieusement envisagée par un dirigeant politique français auparavant. Par ailleurs, Le Maire a suggéré que la France devrait demander une réduction de sa contribution à l’Union européenne, estimée à -5 milliards d’euros. Il s’est basé sur l’argument selon lequel le niveau de vie moyen en France est inférieur à celui d’autres pays européens, et que sa charge financière devrait donc être ajustée en conséquence. Le Maire a également critiqué la décision du gouvernement de geler les APL (aides au logement), qui soutiennent les ménages à faibles revenus, ainsi que l’obligation faite à certains parents de choisir entre permettre à leur enfant de bénéficier des APL ou conserver un avantage fiscal lié à la présence de l’enfant dans le foyer. Il a qualifié cette mesure d’« erreur » et a prévenu qu’elle pourrait nuire au pouvoir d’achat des classes moyennes. Il a en outre dénoncé le projet d’étendre la « taxe soda » aux produits sucrés et transformés, le qualifiant d’hypocrite. Malgré ses critiques, Le Maire a estimé que l’échec de l’adoption d’un budget serait le pire scénario pour la France. Il a exhorté le gouvernement à réduire davantage les dépenses et à abandonner certaines taxes susceptibles de provoquer un rejet de l’opinion publique. Il a aussi critiqué le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, pour avoir utilisé le terme « escalade » afin de décrire la crise dans les lycées, suggérant que ce type de langage attise la peur au sein de la population. Le Maire a insisté sur l’importance d’écouter les voix des lycéens plutôt que de recourir à la force ou à une opposition brutale.