Le Brésil fait face à un paysage politique complexe alors que le gouvernement de Lula, malgré des indicateurs économiques positifs comme la baisse du chômage et une inflation maîtrisée, risque d’être renversé ce mois-ci par le fils de Bolsonaro, Flávio Bolsonaro. Christian Edward Cyril Lynch, professeur de science politique à l’Institut d’études politiques et sociales de l’Université de l’État de Rio de Janeiro (IESP-UERJ), souligne que si le gouvernement de Lula a réalisé des avancées en matière de programmes sociaux, sa popularité reste inférieure aux attentes. Lynch attribue ce phénomène à la perception d’un coût de la vie élevé, aggravé par des taux d’intérêt et une inflation persistants, qui nuisent à l’image du gouvernement. Contrairement aux administrations précédentes, Lula n’a pas utilisé de « paquets de bonnes mesures » pour contrer cette perception avant un scrutin important, une stratégie que Bolsonaro avait employée en 2022. Des ajustements récents aux allocations familiales ont été effectués en urgence, mais cela n’a pas significativement amélioré l’opinion publique.
Au-delà des facteurs économiques, Lynch met en lumière un sentiment plus large d’insécurité dans la société brésilienne, alimenté par les avancées technologiques, la démondialisation et la résurgence d’influences impérialistes. Il estime que Lula, figure traditionnelle associée au régime démocratique de 1988, propose une vision ancrée dans le passé plutôt qu’une réponse aux angoisses d’une génération plus jeune. Pour beaucoup, le paysage politique a été façonné par la rivalité persistante entre Bolsonaro et Lula, avec l’ascension du premier au pouvoir en 2018 et l’emprisonnement du second, créant une fracture durable. La dépendance de Lula à des stratégies politiques éprouvées, bien qu’efficaces par le passé, est désormais perçue comme moins pertinente ou inclusive dans le contexte actuel.
Lynch observe que l’extrême droite brésilienne a forgé une identité forte, notamment parmi la classe moyenne supérieure, les entrepreneurs et les évangéliques, qui se sont largement détournés de l’engagement politique traditionnel. Le scrutin à venir pourrait être决定 par un petit segment indécis de la population, qui base souvent ses votes sur l’actualité plutôt que sur des positions politiques de long terme. Ce groupe, peu engagé au quotidien dans la politique, pourrait faire basculer l’équilibre en faveur de Flávio Bolsonaro, perçu comme l’héritier de l’héritage politique de son père.
La composition sociologique de l’électorat bolsonariste a évolué de manière significative depuis 2018. Lynch note que les hommes continuent de voter davantage pour l’extrême droite, en partie en réaction aux changements des rôles des femmes et à la perte perçue de la masculinité traditionnelle. Une différence marquée persiste aussi entre les sexes, avec un écart de 10 points dans le soutien entre électeurs masculins et féminins. La religion joue un rôle clé, les évangéliques, influencés par la théologie de la prospérité, apportant un soutien massif à Bolsonaro. Ce mouvement théologique mêle idéologies réactionnaires et libertariennes, renforçant l’attrait de la droite.
Les disparités régionales façonnent également le paysage politique. Les régions du sud du Brésil, où le bolsonarisme est le plus fort, sont marquées par un récit historique mettant en avant l’immigration européenne et l’idée que les immigrants blancs et leurs descendants sont les véritables travailleurs du pays. Cette vision nourrit une perception négative et raciste du Nordeste, où Lula a pourtant réalisé des progrès significatifs en améliorant les conditions de vie. L’électorat du Sud adopte aussi une position de subordination envers les États-Unis, aspirant à un statut similaire à celui de Porto Rico. Cette acceptation d’une position vassale, combinée à un fort esprit entrepreneurial, a encore consolidé la base de la droite.
Les liens entre l’extrême droite, le déclin du catholicisme et la montée du pentecôtisme conservateur et agressif sont également déterminants. Lynch explique que le pentecôtisme agressif, originaire des États-Unis, a gagné du terrain en mêlant religion et argent et en rejetant les valeurs républicaines. À l’inverse, l’Église catholique peine à s’adapter au capitalisme contemporain, s’appuyant sur des valeurs pré-capitalistes. Cela a laissé un vide dans les périphéries, où les églises néo-pentecôtistes ont pris le relais, proposant une gamme de services que l’Église catholique n’a pas pu offrir en raison de sa structure centralisée et de sa résistance au changement.
Les stratégies et positions politiques de Jair et Flávio Bolsonaro diffèrent, bien qu’ils soient tous deux considérés comme faisant partie de l’extrême droite. Jair Bolsonaro a bâti son image autour de la nostalgie de la dictature militaire et d’un agenda anti-républicain, tandis que Flávio se présente comme un homme politique de droite plus conventionnel. Cependant, l’opposition farouche de la famille Bolsonaro au Parti des travailleurs assure leur influence continue à droite, les protégeant des accusations de corruption. Le climat politique actuel au Brésil est marqué par un glissement vers une « déprésidentialisation », avec un pouvoir législatif qui gagne en autonomie, réduisant l’influence de l’exécutif. Ce changement de régime politique pourrait avoir des implications majeures pour l’avenir de la démocratie brésilienne, notamment en cas de nouvelle tendance autoritaire ou de contestation violente d’un résultat électoral.
Le paysage politique du Brésil et la montée du bolsonarisme
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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