AFD présente un bilan financier des communes de la Martinique

Jeudi matin, l'Agence française de développement (AFD) a dévoilé son observatoire des finances de 34 communes et de trois intercommunalités de la Martinique. Le rapport, fondé sur les données de l'Observatoire des finances et de la gestion publique locales (OFGL), met en lumière la bonne santé financière globale de ces collectivités.

Des équilibres jugés globalement sains

Selon Guillaume Chiron, directeur de l'AFD en Martinique, les équilibres financiers des communes sont « globalement sains », avec des niveaux d'endettement restant limités. Il a souligné que les collectivités ont la capacité d'investir davantage dans les infrastructures et les services.

Niveau d'endettement et durée de remboursement

L'observatoire indique qu'il faudrait 5,5 ans aux communes de la Martinique pour rembourser l'intégralité de leur dette, un chiffre nettement inférieur au seuil d'alerte de 12 ans. L'encours total de la dette des communes a diminué pour atteindre 325 millions d'euros à la fin de l'année 2025.

Investissement et tendances de l'épargne

En 2025, les communes ont dégagé une épargne de plus de 22 millions d'euros, un montant légèrement inférieur à celui de l'année précédente, mais supérieur à celui d'avant 2022. Elles ont également investi plus de 126 millions d'euros, un montant qui continue de progresser. Toutefois, 13 des 34 communes affichent une épargne nette négative, contre huit lors des deux années précédentes.

Sources de financement et dépendance aux subventions

Les communes financent 30 % de leurs investissements grâce à leurs ressources propres, à leur épargne et à des emprunts, ce qui leur permet de bénéficier de 70 % de subventions provenant de l'Union européenne, de l'État et de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM). Guillaume Chiron a toutefois mis en garde contre une dépendance exclusive aux subventions pour le financement.

Répartition des recettes et des dépenses

Les impôts et taxes représentent 75 % des recettes des communes, dont plus de la moitié provient de l'octroi de mer, un impôt local essentiellement prélevé sur les activités de consommation et d'importation. Les dépenses de personnel constituent 63 % des charges des communes, ce qui laisse des marges de manœuvre opérationnelles « relativement limitées ».

Les performances des intercommunalités

Les trois intercommunalités de la Martinique, compétentes en matière d'eau, d'assainissement et de gestion des déchets, ont investi environ 100 millions d'euros en 2025, contre 60 millions en 2024. Leur dette a diminué de 10 millions d'euros pour atteindre 85 millions, avec une capacité de désendettement de trois ans. Guillaume Chiron a résumé la situation en estimant que les intercommunalités « ont les moyens, comme on dit ».