Protocole d'abattage proposé pour les foyers de brucellose

L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a proposé un protocole d'abattage partiel pour les foyers isolés de brucellose, à la demande de la Direction générale de l'alimentation (DGAL) du 3 septembre 2024. Cette méthode comprend des mesures sanitaires strictes qui pourraient durer plusieurs mois, voire plus d'un an, et elle attend l'approbation des autorités françaises et européennes.

Le protocole vise des scénarios de foyers précis

Le protocole proposé est conçu pour des cas particuliers de foyers isolés. Il exige une forte coopération de l'éleveur, un nombre limité d'animaux infectés et le soutien d'acteurs locaux tels que les vétérinaires, la direction départementale en charge de la protection des populations (DDPP) et les groupements de défense sanitaire (GDS). Il consiste à abattre les animaux infectés, puis à procéder à un nettoyage et à une désinfection rigoureux, pendant lesquels aucun nouvel animal ne peut être introduit dans le troupeau ni en sortir.

Limites strictes du niveau d'infection

Les experts recommandent un seuil maximal d'infection de 15 %, avec au plus 15 animaux identifiés comme infectés ou suspectés de l'être. Cette limite ne doit pas être dépassée pendant toute la durée du protocole. Les éleveurs doivent demander le protocole en raison de ses exigences spécifiques et de ses contraintes opérationnelles. Ils doivent disposer d'une zone de mise bas séparée pour éviter la contamination, ainsi que de réserves de fourrage supplémentaires, jusqu'à ce que l'exploitation soit reclassée.

Précautions sanitaires et de sécurité requises

La brucellose peut se transmettre à l'homme. Toutes les personnes travaillant avec les animaux doivent donc être informées du risque et porter des équipements de protection adaptés. L'adoption de cette méthode dépend de son acceptation par les autorités françaises et européennes, qui examineront la démarche proposée avant de la mettre en œuvre.

L'histoire de la brucellose en France

La France a été officiellement déclarée indemne de brucellose bovine en 2005, conformément à la réglementation européenne. Aucun foyer n'a été recensé entre 2003 et 2011. Toutefois, deux foyers ont été confirmés en 2012, ce qui a conduit à renforcer la vigilance. En 2021, un foyer de brucellose a été identifié dans une exploitation laitière de Haute-Savoie, ce qui souligne la nécessité de maintenir la surveillance et les mesures de contrôle.

Les difficultés d'éradication de la brucellose

Les bactéries responsables de la brucellose chez les bovins sont principalement Brucella abortus, tandis que Brucella melitensis touche les ovins et les caprins. Selon Florence Etoré, responsable de l'unité d'évaluation des risques liés à la santé et au bien-être animal, à l'alimentation animale et aux vecteurs, « L'élimination de ces bactéries est très compliquée. Elles persistent dans l'environnement, et leur détection chez les animaux est difficile. Les signes cliniques ne sont visibles que pendant la gestation et le vêlage. »