Réforme des titres-restaurant adoptée

Le 14 octobre 2026, l'Assemblée nationale a approuvé une réforme majeure des titres-restaurant, qui modifie les relations économiques entre salariés, restaurateurs et secteur social. Les changements comprennent l'allongement de la durée de validité, l'exclusion des plateformes de livraison et la réduction des commissions pour les restaurateurs, sur un marché évalué à plusieurs milliards d'euros.

Durée de validité allongée

La réforme modifie profondément l'économie des titres-restaurant, selon Le Figaro. La durée de validité passe désormais de 14 mois à trois ans complets. Pour un salarié recevant 11 euros par jour travaillé, soit environ 2 420 euros par an, cela évite la perte de 200 à 300 euros de titres non utilisés chaque année, avec 36 mois pour les utiliser pleinement.

Gaspillage structurel réduit

Auparavant, la durée de validité de 14 mois entraînait un gaspillage structurel. Les titres non utilisés devenaient une source de revenus pour les émetteurs comme Edenred et Sodexo, en raison de congés longs, d'arrêts maladie ou d'oublis. Désormais, les salariés peuvent gérer leurs titres plus librement, et les fonds non utilisés seront restitués aux budgets sociaux des entreprises. Un taux de perte moyen de 8 % signifie qu'un salarié récupère environ 194 euros de pouvoir d'achat par an, soit 970 euros sur cinq ans.

Commissions visées par la réforme

La réforme vise également le modèle économique des principaux émetteurs, sur un marché dont les transactions annuelles atteignent 10 milliards d'euros. Les restaurateurs se plaignent de commissions pouvant aller jusqu'à 5 %, qui pèsent sur des marges déjà fragiles. Un restaurateur qui encaisse 50 000 euros de titres-restaurant peut payer jusqu'à 2 500 euros de commissions, une part importante de son bénéfice net.

Surveillance des pratiques anticoncurrentielles

La DGCCRF et l'Autorité de la concurrence surveilleront les pratiques anticoncurrentielles. Les émetteurs risquent une amende de 1 % de leur chiffre d'affaires en cas de remises illégales accordées aux employeurs. En outre, les restaurateurs recevront chaque année un récapitulatif détaillé de toutes les commissions prélevées, afin de favoriser la transparence et la concurrence.

Plateformes de livraison exclues

Un amendement interdit aux plateformes telles que Uber Eats et Deliveroo d'accepter les titres-restaurant, et redirige ces fonds vers les restaurateurs traditionnels. Ces plateformes, accusées de détourner l'esprit du dispositif, prélevaient jusqu'à 35 % de commissions sur les commandes. Les supermarchés, en revanche, pourront toujours accepter les titres pour les achats à distance, via leurs services de drive ou de Click & Collect.

Soutien à l'aide alimentaire et au congé parental

Aux côtés de la Croix-Rouge et des Restos du Cœur, la réforme permet désormais aux salariés de donner leurs titres-restaurant non utilisés à des associations locales d'aide alimentaire. Le versement des titres-restaurant est maintenu pendant le congé parental, corrigeant ainsi une faille qui pénalisait les jeunes parents.

Redistribution potentielle des fonds

La réforme pourrait redistribuer plusieurs centaines de millions d'euros en combinant l'allongement de la validité, la réduction des commissions et le remboursement des fonds périmés. Ce changement vise à profiter à la fois aux salariés et aux restaurateurs traditionnels, tout en soutenant les programmes sociaux et en réduisant le gaspillage.