Rapprochement signalé avec un satellite

Un satellite russe baptisé Kosmos-2612 s'est approché à quelques centaines de mètres d'un satellite commercial américain, Iceye-X36, le 15 octobre, selon CNN. Le satellite russe a rapidement réduit sa distance, passant de 350 kilomètres à moins de cinq kilomètres le matin du 16 octobre.

Estimation incertaine de la proximité

Selon LeoLabs, une entreprise de surveillance spatiale, le point de rapprochement maximal pourrait avoir été d'environ 500 mètres, bien que cette estimation reste incertaine. Kosmos-2612 a ensuite effectué de légers ajustements pour rester à proximité avant de s'éloigner le lundi 19 octobre, selon le New York Times.

Comportement inédit relevé

L'astrophysicien Jonathan McDowell, cité par CNN, a indiqué sur son compte X que cette approche non autorisée pourrait être sans précédent. Iceye-X36, construit par une entreprise finlandaise et immatriculé aux États-Unis, fait partie d'une constellation capable d'observer la Terre et de fournir des images satellites aux forces ukrainiennes. Toutefois, rien ne confirme, selon la chaîne américaine, que le satellite impliqué dans cet incident ait participé à de telles opérations.

L'entreprise réagit prudemment

« Nous sommes au courant de cette situation et la suivons de près », indique l'entreprise, sans donner davantage de détails.

Objectif des manœuvres

Selon LeoLabs, ces manœuvres pourraient servir à inspecter, caractériser, suivre ou éventuellement gêner un autre engin spatial. L'entreprise précise qu'elles ne démontrent aucune intention hostile, servant principalement à la « collecte de renseignements », aux « interférences » ou à de « futures opérations contre des satellites ». Georgy Trishkin, analyste spatial russe interrogé par le média indépendant russe The Insider, estime qu'une attaque directe semble peu probable, car elle risquerait d'être considérée comme « une agression contre les États-Unis ».

Tests stratégiques menés par la Russie

Clayton Swope, du centre de réflexion américain Csis (Center for Strategic and International Studies), cité par le New York Times, affirme que la Russie continue de « tester les limites, pour voir jusqu'où elle peut aller ». Le New York Times souligne que ce « jeu du chat et de la souris » entre puissances spatiales, comme la Russie, les États-Unis et la Chine, implique désormais aussi des engins spatiaux commerciaux. Ce n'est peut-être que le début.

Schéma d'incidents similaires

Adam Marsh, vice-président des solutions techniques chez LeoLabs, a averti que « généralement, ces incidents ne se produisent pas isolément ». Cet incident n'est pas un cas isolé. Kosmos-2612, lancé en avril avec cinq autres satellites russes dont Moscou n'a pas détaillé la mission, avait commencé à modifier son orbite dès le 20 septembre, selon le quotidien américain.

Rencontres antérieures recensées

Dès mai, Kosmos-2609, issu de la même flotte, s'était approché à 2,5 kilomètres d'Iceye-X36, rappelle The Insider. Quatre engins spatiaux russes ont ensuite ajusté leurs trajectoires pour s'aligner sur ce satellite, selon une étude du centre de recherche britannique RUSI, citée par CNN.