Un satellite russe a failli entrer en collision avec un satellite commercial finlandais, suscitant des inquiétudes quant aux activités spatiales de la Russie et aux stratégies de guerre hybride.
Rapprochement signalé entre deux satellites
Un satellite russe, Cosmos 2612, s'est approché à moins de 100 mètres d'un satellite commercial, ICEYE-X36, à une altitude supérieure à 500 kilomètres. L'entreprise finlandaise qui exploite ICEYE-X36 est immatriculée aux États-Unis. L'événement s'est produit à la fin septembre, lorsque le satellite russe a modifié sa trajectoire pour se rapprocher du satellite occidental.Des experts soupçonnent une cible délibérée
Selon des experts du centre de réflexion américain CSIS, spécialisé dans les questions de défense, le satellite russe pourrait avoir délibérément visé un satellite vieillissant, moins manœuvrable, afin d'augmenter les chances d'une approche réussie. ICEYE-X36 fait partie d'un réseau qui fournit des renseignements à l'armée ukrainienne, lui permettant d'observer les mouvements de troupes et de détecter des installations militaires.Des interrogations sur les intentions de la Russie
Cette manœuvre suscite des inquiétudes quant aux intentions de la Russie. On se demande si elle visait à recueillir des renseignements, à intimider, à tester des capacités d'interception ou à préparer une attaque. Un autre satellite russe avait effectué des manœuvres similaires l'an dernier, avant de larguer un petit objet dans l'espace, et plusieurs autres satellites russes font actuellement l'objet d'une surveillance étroite.La guerre hybride de la Russie dans l'espace
Des experts estiment que les actions de la Russie s'inscrivent dans une stratégie plus large de guerre hybride qui s'étend à l'espace, incluant cyberattaques, sabotage, brouillage GPS et désinformation. Ces opérations sont considérées comme relevant de la « guerre de zone grise », difficile à riposter en raison de l'ambiguïté des actes.Défis juridiques et stratégiques
Le droit international, en particulier le Traité de 1967 sur l'espace extra-atmosphérique, ne fixe pas de distance minimale entre les satellites et ne définit pas clairement ce qui constitue une manœuvre d'intimidation n'entraînant aucun dommage. Les experts du CSIS proposent que, pour dissuader la Russie, les États-Unis pourraient devoir agir sur Terre, par exemple en visant les infrastructures financières russes.Une solidarité internationale mise à l'épreuve
Ils suggèrent également que cette manœuvre pourrait tester la solidarité entre Washington et les pays européens, car le satellite visé est lié à un pays membre de l'OTAN tout en étant immatriculé aux États-Unis. Selon le CSIS, la question n'est plus de savoir si la Russie répétera cette action, mais quand elle le fera de nouveau.