Le projet d’autoroute A412 en Haute-Savoie, en France, déplace des agriculteurs et menace la production du reblochon, un fromage protégé sous le label AOP (Appellation d’Origine Protégée), qui garantit son origine et sa qualité. Cette voie de 16,5 kilomètres, en construction entre Machilly et Thonon-les-Bains par Amedea, filiale d’Eiffage, devrait impacter environ 33 exploitations agricoles, dont 27 fermes laitières. Jérôme Dethes, de la Confédération paysanne de Haute-Savoie, souligne que le projet entraînera l’expropriation de 70 hectares de terres agricoles, dont 50 se trouvent dans la zone d’appellation reblochon de Savoie AOP. Cela représenterait la perte de plus de 100 000 meules de reblochon par an, un coup dur pour la filière fromagère et les 120 exploitations productrices de ce fromage dans la zone AOP.
Édouard Roch, éleveur laitier de 65 ans à Perrignier, voit sa ferme familiale encerclée par la nouvelle autoroute. Sa famille possède ces terres depuis sept générations, mais désormais, elles sont entourées par l’autoroute, incluant un échangeur, des bassins de rétention d’eau et un parking de covoiturage. La fermeture d’un passage à niveau voisin l’obligerait à faire de longs détours pour accéder aux pâturages de son troupeau. Son fils, Gaëtan, s’inquiète pour l’avenir de l’exploitation, évoquant la difficulté à trouver des terres agricoles équivalentes et l’indemnisation encore indéterminée par un juge, versée par Amedea.
Anne Granget, éleveuse de chevaux à Lully, assiste à la destruction rapide de ses terres. L’autoroute doit traverser sa propriété de 6 hectares, dont 4 seront prélevés. Elle décrit les dégâts causés par l’abattage des arbres, qui a rendu certaines parties de son terrain inaccessibles et son matériel immobilisé. Guy Clairens, voisin exploitant 30 hectares, indique que le projet lui fera perdre 10 % de sa production annuelle, sans proposition de terres compensatoires.
Amedea a proposé d’acquérir des terres agricoles à 1,70 euro le mètre carré, un tarif jugé trop bas par les critiques. L’entreprise a également mis en place un fonds d’indemnisation de 3,5 millions d’euros sur sept ans, soutenu par le Département de Haute-Savoie à hauteur de 1,5 million d’euros. Pourtant, des agriculteurs comme Édouard Roch remettent en question l’efficacité de telles compensations, insistant sur l’impact à long terme du projet sur leurs moyens de subsistance.
Le projet d'autoroute A412 déplace des agriculteurs en Haute-Savoie
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
francehighwayreblochoncompensationagricultureaop



