Des politiciens issus de l'ensemble du spectre politique, dont Marine Tondelier, Gabriel Attal, François Hollande et Éric Zemmour, assistent à la Foire de Châlons, le deuxième plus grand événement agricole de France. Organisée au cœur de la région Champagne, la foire attire 800 exposants, dont des viticulteurs de la Bourgogne et du Beaujolais. Récemment, le gouvernement a élargi la liste des départements autorisés à utiliser des abris temporaires pour les ouvriers agricoles saisonniers en ajoutant quatre nouvelles régions — le Rhône, la Côte-d'Or, la Saône-et-Loire et l'Yonne — à la liste existante de quinze départements. Ce changement touche deux régions viticoles majeures, la Bourgogne et le Beaujolais, où le travail saisonnier est essentiel pendant les vendanges. L'utilisation d'abris est une exception à la loi du travail de 1996, qui exige que les ouvriers saisonniers soient logés dans des habitations permanentes par leur employeur. Une ordonnance du 25 août a remplacé cette réglementation, permettant l'utilisation de tentes sous certaines conditions. Le député du Parlement européen Anthony Smith (LFI) a critiqué cette mesure, la jugeant irréaliste et affirmant que les tentes ne sont pas adaptées aux travailleurs après des journées de travail longues. Les nouvelles règles exigent que les tentes aient au moins deux mètres de hauteur, comprennent un lit fourni et nettoyé par l'employeur, et maintiennent une température adaptée tout au long de l'année. Cependant, l'ordonnance ne précise pas de limites de température, laissant donc place à l'interprétation. Les syndicats CFDT Agri-agro et FGTA-FO ont déposé un recours auprès du Conseil d'État, affirmant que les travailleurs agricoles ne sont pas différents des autres et que leur santé et leur sécurité ne devraient pas être compromises par de nouvelles exceptions à la loi du travail. En revanche, la FDSEA de la Saône-et-Loire a salué cette décision, la qualifiant de « belle victoire syndicale » qui soutient l'emploi saisonnier et la compétitivité de l'industrie viticole. Le décret a été signé par les ministres de l'Industrie, du Travail et de l'Agriculture, le ministre de l'Industrie, Sébastien Martin, étant un soutien clé. Certains, comme le député Les Républicains Lionel Duparay, pensent que le ministère de l'Industrie a été le principal moteur de ce changement, soulignant l'importance d'apporter des solutions pratiques aux vignerons. La saison des vendanges 2026 a relancé l'attention portée aux dangers de la chaleur extrême dans l'agriculture, avec deux décès signalés lors de la vague de chaleur estivale. Un retraité de 66 ans a été trouvé inconscient dans un vignoble, et un ouvrier de 55 ans a été découvert mort dans son camion. Les autorités ont attribué ces décès à une crise cardiaque liée à la chaleur et à des problèmes de santé préexistants. Cependant, les syndicats ont exprimé des inquiétudes concernant le rôle de la chaleur extrême dans ces décès et ont appelé à une enquête. Le syndicat CGT Champagne et d'autres ont souligné qu'aucun produit, aussi précieux soit-il, ne devrait justifier la perte de vie d'un ouvrier. Les vendanges 2026 ont rappelé les vendanges de 2023, appelées « vendanges de honte », lors desquelles six ouvriers saisonniers sont décédés, déclenchant une critique généralisée. Malgré ces préoccupations, le gouvernement a globalement évité d'aborder les problèmes sous-jacents. Le préfet de la Marne a averti contre le fait de transformer ces décès en symbole de négligence de l'État. En parallèle, les dirigeants syndicaux ont proposé des solutions telles que l'établissement de limites légales de température pour le travail en extérieur et la création d'une étiquette « haute valeur sociale » pour les employeurs responsables. Anthony Smith a suggéré la création d'accommodations coopératives pour les ouvriers saisonniers et l'incrimination des grandes maisons de Champagne pour les pratiques de leurs sous-traitants.