Une étude révèle des différences entre les sexes dans le signalement de la douleur

Une étude publiée le 5 octobre 2026 dans Nature Medicine par une équipe de l'Université McGill conclut que les femmes déclarent davantage de douleurs que les hommes dans toutes les zones du corps étudiées, sur la base des réponses de plus de 6 millions de personnes dans plus de 100 pays.

La fréquence de la douleur varie selon la localisation

La fréquence des douleurs varie fortement selon la zone, de 2 % pour le visage à 40 % pour le dos. Les femmes dépassent les hommes sur les 11 sites, avec un risque relatif allant de 1,08 à 1,83. Ces écarts atteignent leur maximum pour les douleurs faciales, puis pour les maux de tête et les douleurs abdominales.

L'évolution de la douleur avec l'âge

L'étude constate que ces écarts ne se creusent pas au même moment de la vie. La progression la plus rapide intervient avant 55 ans, et non après. Sept des 11 sites suivent une courbe en cloche, avec un pic puis un déclin. Les maux de tête atteignent leur pic vers 34 ans, les douleurs abdominales vers 23 ans. Les douleurs dorsales et du genou, en revanche, augmentent jusqu'à 75 ans et au-delà.

Les douleurs sévères culminent au milieu de la vie

Les formes de douleur les plus invalidantes suivent la même logique. Les douleurs sévères atteignent leur maximum vers 50 ans, les douleurs diffuses vers 70 ans. L'intensité moyenne déclarée culmine vers 48 ans. Les femmes restent plus exposées, avec des risques relatifs de 1,52 et 1,50.

Les tendances varient selon la région et l'âge

L'étude montre également que cette population mondiale partage la douleur de manière très inégale après 65 ans. Dans les pays à faible indice de développement humain, la douleur corporelle augmente beaucoup plus fortement. Après 80 ans, l'écart atteint 30,6 points par rapport aux pays riches. L'Europe de l'Est présente le plus fort excédent régional, d'environ 21 points au-dessus de la référence mondiale.

Les facteurs de risque varient selon la région

Le tabac, l'obésité et les faibles revenus expliqueraient 18,3 % de la charge mondiale. Cette part tombe à 12,6 % en Afrique subsaharienne et grimpe à 27,1 % en Europe de l'Est. Les causes des douleurs dans les pays pauvres échappent donc encore aux grandes enquêtes, qui mesurent surtout des facteurs de risque occidentaux.