Le logiciel Horus collecte des données personnelles d'Indonésiens
Un logiciel de renseignement appelé Horus a été utilisé pour recueillir des données personnelles d'Indonésiens sans leur consentement, à la demande d'Eramet, une entreprise française d'extraction minière et de métallurgie. Les données comprennent les noms, la religion, l'origine ethnique, les rôles sociaux, la situation familiale, les coordonnées, la géolocalisation et des évaluations de l'influence des individus dans la région.Utilisation dans le village de Balambano
Le logiciel a été déployé à Balambano, un petit village du Sud-Sulawesi où l'extraction de nickel est courante. Eramet, qui appartient en partie à l'État français, prévoit d'augmenter sa participation dans l'entreprise. Les données collectées par Horus servent à déterminer la position des personnalités locales à l'égard des projets miniers.Les réserves de nickel de l'Indonésie
L'archipel indonésien détient 42 % des réserves mondiales de nickel en surface, ce qui en fait une zone attractive pour les groupes miniers. Le nickel est principalement utilisé dans la production d'acier inoxydable et de batteries de voitures électriques. Toutefois, son extraction pose des défis environnementaux et sanitaires.Capacités et finalité du logiciel
Le logiciel Horus, développé par une entreprise argentine, permet de cartographier et de classer les habitants en fonction de leur importance sociale. Eramet a confirmé avoir utilisé ce logiciel en Indonésie, affirmant que l'étude visait à identifier les parties prenantes locales susceptibles d'être touchées par d'éventuels projets. L'entreprise affirme qu'aucun projet minier n'a été lancé après cette étude.Légalité et controverses passées
La légalité de la collecte de données reste floue, car le Règlement général sur la protection des données (RGPD) ne s'applique pas aux données collectées en dehors de l'Union européenne. Eramet a fait l'objet d'accusations de violations de l'environnement et des droits humains dans d'autres régions.