Découverte du corps d'une enfant

Le corps d'Inass Touloub, une fillette de 4 ans, a été retrouvé le 11 août 1987, enveloppé dans une couverture, sur l'autoroute A10 à Suèvres, dans le Loir-et-Cher. Cette découverte a marqué le début d'un long et complexe parcours judiciaire et émotionnel pour le village et l'ensemble de la communauté.

Adoption collective par le village

Le village de Suèvres a adopté Inass collectivement, et sa tombe est devenue l'une des mieux entretenues du cimetière, où des fleurs et des objets sont régulièrement déposés. Le village s'est constitué partie civile au procès de ses parents, afin de veiller à ce que la mémoire de l'enfant soit préservée.

Procédure judiciaire et rôle du village

Le procès des parents d'Inass Touloub, Halima El Bakhti et Ahmed Touloub, se déroule devant la cour d'assises de Blois. Selon leur avocat, Me Jean Sannier, seule la commune de Suèvres a continué à entretenir la mémoire de cette enfant. Les villageois continuent de l'appeler « la petite », par affection et par habitude.

Négligence historique et action administrative

Pendant trente ans, Inass Touloub a été privée d'identité. Son corps avait été retrouvé en bordure de l'autoroute A10, et personne n'avait signalé sa disparition. Les autorités n'ont eu d'autre choix que de l'inhumer à Suèvres, à l'endroit où elle avait été découverte. Cette décision était avant tout administrative, mais elle a eu un impact très symbolique.

Découverte de l'identité et regain d'intérêt

L'ADN retrouvé sur les pièces à conviction a correspondu, en 2017, à celui d'un homme de 30 ans, le frère cadet de la victime. Il était âgé de 3 ans à l'époque des faits et ignorait qu'il avait une sœur. Cette découverte a ravivé l'intérêt pour l'affaire et a attiré une nouvelle attention sur le lien entre le village et Inass.

Portée culturelle et émotionnelle

La tombe d'Inass Touloub est ornée de fleurs fraîches, d'anges, de deux petites figurines Playmobil, d'un ours en peluche sous une cloche de verre, et de messages peints sur des galets. Une entreprise de pompes funèbres a offert la pierre tombale lorsque l'enfant est sortie de l'anonymat. De nombreux villageois font un détour pour se recueillir sur sa tombe lorsqu'ils rendent visite à des proches.

Une mémoire collective durable

Dans les ruelles de Suèvres, presque tout le monde connaît Inass Touloub. Claire, qui tient le bar L'Olympic, n'était même pas née lorsque le corps a été découvert. « Nous avons grandi avec cette affaire, dit-elle. C'était tellement cruel, bien sûr, cela a laissé une marque. »

Polémique et statut de partie civile

Le village a décidé de se constituer partie civile, une démarche que certains habitants considèrent comme symbolique. Les avocats des parents s'opposent à ce statut, qualifiant la situation de « famille du sang » contre « famille du cœur ». Certains habitants prévoient d'assister au procès, dans l'espoir de tourner la page et d'obtenir des réponses.

Une justice tardive et le sentiment public

Le procès se tient huit ans après l'arrestation des parents, qui sont aujourd'hui âgés de 72 et 74 ans. Beaucoup, au village, expriment leur dégoût face aux lenteurs de la justice dans cette affaire. En 2025, une marche du ruban blanc a été organisée pour réclamer que justice soit enfin rendue.

Réflexions finales et espoirs

Même si les parents sont condamnés, de nombreux habitants estiment que cela n'apportera pas grand-chose, car ils sont trop âgés pour aller en prison. Halima El Bakhti et Ahmed Touloub encourent la réclusion criminelle à perpétuité, mais l'impact émotionnel et historique de l'histoire d'Inass reste profondément ancré dans le village de Suèvres.