Après 39 ans, les parents d'Inass Touloub, une fillette de 4 ans retrouvée morte en 1987, comparaissent en France pour son meurtre et ses sévices.
Les parents devant la justice 39 ans après les faits
Les parents d'Inass Touloub, une fillette de quatre ans retrouvée morte et démembrée en 1987, comparaîtront devant la cour d'assises de Blois, dans le Loir-et-Cher, 39 ans après les faits. Le procès doit durer jusqu'au 18 novembre et marque l'aboutissement de l'une des plus anciennes affaires de meurtre non résolues du pays.Le corps de l'enfant retrouvé en 1987
Le corps démembré d'Inass Touloub a été découvert dans un fossé le long de l'autoroute A10, dans le village de Suèvres, en août 1987. Personne n'avait signalé sa disparition, et l'affaire est devenue un mystère qui a alimenté les débats judiciaires pendant des décennies.Des signes de maltraitance grave
Les analyses médico-légales du corps d'Inass ont révélé des signes de violence extrême, notamment des brûlures causées par un fer à repasser et des cicatrices que l'on pensait être des morsures humaines. Ces blessures ont valu à la fillette le surnom de « la petite martyre de l'A10 ».Une affaire non résolue élucidée grâce à l'ADN
L'affaire est restée sans réponse pendant plus de 30 ans, jusqu'en 2018, lorsque les enquêteurs ont utilisé un échantillon d'ADN prélevé sur le frère d'Inass pour le comparer à du matériel génétique retrouvé sur les affaires de la fillette. Cela a permis d'identifier ses parents, qui ont été arrêtés en juin 2018.Des retards judiciaires prolongés
Malgré l'arrestation, le procès a été retardé pendant plusieurs années en raison de recours juridiques déposés à la fois par les parents et par le parquet de Blois. La Cour de cassation a finalement validé la tenue du procès en septembre 2024, permettant à l'affaire d'avancer.Les parents nient toute implication
Pendant leur garde à vue, les parents d'Inass n'ont pas reconnu être responsables des violences qui ont conduit à la mort de leur fille. Ils se sont accusés mutuellement de violences conjugales, mais les enquêteurs affirment que la mère a commis des actes « volontaires, nombreux et étalés dans le temps » ayant entraîné la mort de sa fille.La communauté se souvient de l'enfant
La tombe d'Inass, au cimetière de Suèvres, est régulièrement entretenue et fleurie par des habitants du village. Agathe Morel, de l'association Enfance et partage, a décrit le procès comme une étape vers la restauration de la dignité de la fillette, qui a perdu son identité. Environ 80 journalistes ont été accrédités pour couvrir les débats.