Un avion pour le moins insolite, doté d’un museau rappelant celui d’un fourmilier, composé de pièces issues d’autres appareils et d’un cockpit placé si loin à l’arrière que le pilote doit s’appuyer sur une caméra pour se repérer, survole actuellement les États-Unis. Cet appareil, le X-59, est développé par la NASA pour résoudre le problème des bangs soniques, qui avaient jusqu’ici limité les voyages supersoniques au-dessus des terres. Le long museau du X-59 est conçu pour aplatir ces ondes de choc en sons plus supportables. Le X-59 s’inscrit dans une lignée d’aéronefs expérimentaux de la NASA remontant à 1947, avec le Bell X-1, premier avion à franchir le mur du son cette même année.
Le X-1 était profilé comme une balle à laquelle on aurait ajouté des ailes, tandis que le biréacteur-fusée X-15, qui a atteint 6,7 fois la vitesse du son, a ouvert la voie aux matériaux résistants à la chaleur utilisés sur la navette spatiale. Le X-59, assemblé par Lockheed Martin, intègre des composants issus de divers appareils, dont un cockpit et un siège éjectable d’un jet d’entraînement T-38, un train d’atterrissage d’un F-16 et un moteur d’un F-18. Il a effectué son premier vol en 2025 et franchit désormais le mur du son au-dessus de certaines villes américaines. La NASA mène des enquêtes auprès des communautés locales pour évaluer l’acceptation des bangs soniques modifiés.
Peter Coen, vétéran de la NASA qui supervise le programme, explique que l’objectif du X-59 est de réduire les bangs soniques à moindre coût. Bien que l’agence ait envisagé une version non habitée du X-59, la décision de le maintenir piloté a été motivée par la nécessité de certification et par le fait que l’appareil doit ressembler à un avion de ligne. Les drones ont été employés dans des conflits comme la guerre en Ukraine contre la Russie, mais Guy Gratton, professeur à l’université de Cranfield, estime que les pilotes restent indispensables pour les essais et l’identification de leçons cruciales.
Le Royaume-Uni dispose de ses propres bancs d’essai technologiques, comme le programme Experimental Aircraft Programme (EAP), qui a testé des systèmes clés pour le chasseur Typhoon. Chris Yeo, qui a piloté l’EAP, souligne les liens avec les avions X. Un nouveau démonstrateur technologique britannique, décrit par Tony Godbold de BAE Systems comme « l’avion X de notre génération », est en développement pour tester des concepts dans le cadre du Global Combat Air Programme (GCAP), un projet de chasseur devant voler dans les années 2030. Ce démonstrateur utilisera des moteurs issus du Typhoon actuel et devrait effectuer son premier vol en 2028. Godbold précise que ce projet illustre l’engagement du Royaume-Uni envers le GCAP, une initiative conjointe avec l’Italie et le Japon. L’élément humain reste essentiel dans les essais en vol, les pilotes d’essai fournissant des retours cruciaux que ni les ordinateurs ni les simulateurs ne peuvent pleinement reproduire.
Les avions X et l'avenir du vol supersonique face aux avancées des drones
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
nasax-59sonic-boomsupersonic-travelflight-testinguk-aircraft


