Sous la colline boisée de Teufelsberg, dans la forêt de Grunewald à Berlin-Ouest, se dresse un bâtiment inachevé. Il s’agit de la Wehrtechnische Fakultät, une faculté de technologie militaire conçue par Albert Speer, architecte renommé de l’ère nazie. Sa construction débuta en 1937 dans le cadre du projet nazi de restructuration de Berlin, mais elle fut abandonnée avant son achèvement en raison de la Seconde Guerre mondiale. La structure, trop solide pour être détruite par des explosifs, fut recouverte par les Alliés de 26 millions de mètres cubes de décombres entre 1950 et 1972. Ce volume équivaut à environ 10 400 piscines olympiques, formant ainsi la plus grande colline de décombres de Berlin, s’élevant à environ 80 mètres au-dessus du plateau de Teltow.
La Wehrtechnische Fakultät devait être le cœur d’une Hochschulstadt, une cité universitaire dédiée à l’enseignement technique et militaire. Elle s’inscrivait dans le plan d’Hitler et de Speer pour transformer la capitale en « Welthauptstadt Germania », une vision grandiose incluant un stade olympique géant, une avenue triomphale et un arc de triomphe. La première pierre fut posée en présence d’Hitler lui-même, près de la Heerstraße. Cependant, les priorités de la guerre mirent fin aux travaux, qui ne reprirent jamais. En avril 1945, la forêt voisine fut le théâtre de combats contre la 55e brigade de garde blindée de l’armée soviétique.
Après la guerre, les Alliés tentèrent à plusieurs reprises de démolir la structure à l’aide d’explosifs, sans succès. Trop solide, elle fut recouverte des décombres de la ville, une solution moins coûteuse. À partir de 1950, des camions déversèrent les gravats des bâtiments bombardés sur le site. Le remplissage dura jusqu’en 1972. Le blocus de Berlin interrompit même temporairement les convois en raison d’un manque de carburant dans la partie ouest de la ville.
Depuis les années 1960, Teufelsberg abrite une station d’espionnage américaine, reconvertie plus tard en galerie d’art urbain et en lieu d’événements culturels. Son altitude de 120 mètres, dans le secteur britannique, en faisait un excellent poste d’écoute, et la NSA en prit conscience dès les années 1960. Elle y construisit l’une de ses plus grandes stations en 1963, en étroite coopération avec les services de renseignement britanniques. La Field Station Berlin interceptait les communications militaires et civiles du bloc de l’Est. Trois sphères blanches, les radômes abritant les antennes, couronnent encore le sommet, entourées de bâtiments en béton. Les Américains quittèrent le site en 1992 après la chute du Mur, et Berlin l’utilisa à partir de 1994 pour la surveillance du trafic aérien civil. Le plus grand dôme conserve une acoustique unique, désormais exploitée pour des événements musicaux et artistiques.
Ce que l’on peut voir aujourd’hui est une station abandonnée devenue une galerie d’art de plein air, dont les murs sont couverts de fresques réalisées par des artistes berlinois et internationaux. L’entrée coûte 12 euros pour un adulte, et les horaires en octobre s’étendent de 11 heures à 19 heures, avec la dernière entrée une heure avant la fermeture. Ailleurs sur la colline, l’État berlinois a aménagé un rocher d’escalade et une piste de luge. Le nom de « montagne du diable » vient du lac voisin, le Teufelssee. Teufelsberg est protégé en tant que monument depuis le 30 octobre 2018. Le calendrier automnal reste chargé : une exposition intitulée Orte der Demokratie (lieux de la démocratie) est annoncée sur le site du 3 au 18 octobre 2026. En novembre, les horaires de fermeture sont avancés à 16 h 30.
Une structure nazie inachevée sous le Teufelsberg à Berlin devient un site culturel
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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