Alors que les manifestations étudiantes continuent de s’étendre à travers la France, une association franco-algérienne de Normandie, l’Union Franco-Algérienne de Normandie (UFAN), a appelé les familles à ne pas associer le drapeau algérien aux grèves scolaires. Ce groupe, qui représente des personnes bilingues d’origine algérienne, a souligné l’importance de préserver la signification de l’emblème national tout en reconnaissant la participation des jeunes Franco-Algériens aux manifestations. Cet appel a été lancé lundi 5 octobre 2026, à la veille d’une journée majeure de mobilisation pour les lycéens et étudiants. L’UFAN a demandé aux parents franco-algériens de guider leurs enfants sur l’usage approprié du drapeau national lors des protestations, affirmant qu’il « représente notre pays et notre nation ». L’association cherche ainsi à préserver le drapeau algérien des polémiques entourant les blocages, sans pour autant décourager les jeunes de participer aux manifestations. Sur TikTok, un influenceur franco-algérien de Toulouse, connu sous le pseudonyme de « nasnas toulouse », a partagé cette position. Il a rappelé à ses abonnés les sacrifices consentis lors de la lutte pour l’indépendance de l’Algérie, suggérant que le drapeau devrait être réservé à des moments de fierté collective, comme les célébrations nationales ou les victoires sportives. Il a déclaré : « Ce drapeau n’a pas été fait pour des choses négatives. » Cette vision s’inscrit dans le lien profond entre le drapeau et la mémoire nationale algérienne. Ses origines remontent à l’Étoile Nord-Africaine, un mouvement fondé à Paris en 1926 par des travailleurs immigrés. Le drapeau est également devenu un symbole de résistance lors des massacres de Sétif en 1945, lorsqu’un jeune scout nommé Bouzid Saâl fut abattu en le portant lors d’une manifestation. Depuis l’indépendance de l’Algérie, le drapeau occupe une place centrale dans les rassemblements de la diaspora en France, notamment lors des victoires de l’équipe nationale de football ou des manifestations du Hirak en 2019 à Paris. Une photo montrant un drapeau algérien déployé lors d’un blocage devant un lycée à Aurillac, dans le Cantal, a circulé sur les réseaux sociaux, suscitant des interrogations sur sa pertinence dans un mouvement centré sur l’éducation. L’UFAN souhaite éviter que de telles images ne détournent le débat vers des questions d’immigration ou d’identité nationale. Il est important de préciser que cette recommandation reflète une position associative et ne saurait représenter l’ensemble de la diaspora algérienne en France. Le mouvement étudiant a débuté mi-septembre dans plusieurs établissements de la région parisienne avant de s’étendre à l’échelle nationale. Selon le ministère de l’Intérieur, au 1er octobre, 1 027 écoles étaient touchées par la mobilisation, dont 222 étaient bloquées. Les étudiants protestent contre la surpopulation des salles de classe, souvent dépassant les 35 élèves, ainsi que l’absence de remplaçants lorsque les enseignants sont absents. Beaucoup dénoncent également l’état de délabrement des bâtiments scolaires. Le 6 octobre, l’Union Syndicale Lycéenne (USL) et l’Union Étudiante ont présenté dix revendications urgentes, parmi lesquelles un plan de rénovation des établissements et une augmentation de 200 euros des bourses. Parmi les figures du mouvement figure Ryad Rani, président de l’USL et Franco-Algérien, dont le parcours a été mis en avant par Afrik.com. Les protestations se sont poursuivies le 8 octobre, avec 71 500 manifestants dans toute la France, dont 24 500 à Paris, selon le ministère de l’Intérieur. Malgré quelques incidents isolés de violence, les groupes étudiants et universitaires maintiennent la pression sur le gouvernement. Le 9 octobre, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé le déploiement de 3 000 enseignants remplaçants dans les lycées les plus touchés, une mesure jugée insuffisante par les étudiants. Une nouvelle journée de mobilisation et de grève est prévue pour le mardi 13 octobre.